Togo, un football en otage

Le Togo est un pays de football. Tous les jeunes de ce pays aiment le sport roi pour le plaisir qu’il leur procure et aussi les envies qu’il donne. Les vieilles personnes n’arrivent pas à s’en passer juste en se rappelant des bons vieux temps et l’engouement autour de cette discipline sportive par laquelle le pays est connu sur l’échiquier international. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on retrouve un plus grand nombre de pratiquants du football dans le pays en défaveur des autres disciplines sportives.

Ceci étant, chaque match de l’équipe nationale de football, les Eperviers du Togo, montre l’impact de ce sport sur la société togolaise. Au point que le football est considéré désormais comme le vecteur de communion des Togolais entre eux. S’il est vrai que la politique a réussi à diviser les fils et filles du pays, il est aussi vérifié qu’au cours des matches de football, tout le monde se retrouve pour supporter, se divertir et s’éclater sans se poser de question sur les appartenances d’autrui.

Malheureusement, depuis quelques années, le monde footballistique togolais va très mal. Il ne faut pas se voiler le visage, le milieu est pourri jusqu’aux os. Il suffit d’écouter le Premier ministre, Ahoomey-Zunu, vendredi dernier pour se rendre compte du grand malaise.
"Je dois vous dire très franchement, depuis une dizaine d’années, j’ai le sentiment que la Ftf volontairement ou involontairement nous empoisonne la vie et s’empoisonne la vie elle-même." a pesté le premier ministre aux membres du bureau exécutif de la Ftf et ceux du ministère des sports au cours d’une réunion au siège du gouvernement.

En réalité, ce sont les membres de la Ftf, l’encadrement des Eperviers, les dirigeants de club de football, certains fonctionnaires au ministère des sports, des journalistes et quelques joueurs qui constituent la source des problèmes de notre foot.

Au niveau de la fédé, c’est la même poignée d’individus qui se retrouve pour former des alliances de circonstance afin de diriger les affaires. Entre eux, ils se font des coups bas, juste pour saboter le fonctionnement du bureau et se positionner pour les futures élections. Pour y arriver, ils mettent à profit les dirigeants de club, les entraineurs et les journalistes. Le plus souvent, les membres du bureau sont préoccupés par des questions d’argent et oublient la raison principale de leur présence là-bas. Ils s’accusent mutuellement de détournement de dividendes qui tombent et qui sont partagées entre quelques membres. Aussi assiste-t-on généralement à des accusations de mauvaise gestion, de décisions unilatérales, de violation des droits de certains…

Les différents ministres qui se succèdent au ministère des sports sont quelques fois impliqués dans les situations de crise de notre football. D’abord, il existe un groupe de fonctionnaires du ministère qui les manipulent à leur guise, cachent des dossiers et prennent parfois des décisions à leur place.

L’autre malheur de notre football est le comportement de certains cadres des Eperviers qui s’accoquinent avec des dirigeants pour freiner le bon élan. Ils montent les joueurs contre les sélectionneurs, exigent des primes hors-normes, font des déclarations tendancieuses dans le but de mettre en péril le travail des gens.

Beaucoup d’autres actes antipatriotiques sont posés pour faire régresser le football togolais. Mais ils sont toujours à l’actif d’un petit groupe qui a pris tout notre football en otage.

Il est alors temps d’arrêter l’hémorragie si l’on veut que notre football aille de l’avant.

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