Célébration de la journée de la femme africaine

« Santé de la femme et de la jeune fille, une priorité pour l’atteinte des ODD »

Ce 31 juillet, sera célébrée la 54ème édition de la journée de la femme africaine. Depuis le 25 juillet le ministère de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation, pour marquer la commémoration, a initié à l’endroit des femmes une série d’activités parmi lesquelles des services de santé. En prélude à l’apothéose de la célébration au Centre Blue Zone de Cacaveli (Lomé), ce dimanche à 14h30, la ministre Tchabinandi Kolani-Yentcharé a adressé un mot à l’attention de la population. Nous vous livrons ici la teneur de son message.

Vaillantes femmes togolaises,

Ce 31 juillet 2016, toutes les communautés d’Afrique célébreront pour la 54e fois, la Journée de la Femme Africaine.

Cette journée, instituée en l’honneur des femmes africaines est consacrée d’une part, à la lutte contre l’ignorance, l’injustice et d’autre part, à la réhabilitation de la femme dans sa dignité.

Elle vise l’élévation des niveaux de vie des peuples pour un continent jouissant pleinement de prospérité, de liberté et de paix.

Les thèmes retenus par l’Union Africaine pour la célébration de cette journée au cours de la décennie de la femme africaine 2010-2020 sont en parfaite cohérence avec les objectifs 3 et 4 du développement durable (ODD), à savoir : « donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges » et « parvenir à l’égalité entre les sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ».

S’inscrivant dans cette dynamique, le Togo, notre pays a retenu comme thème au niveau national : « Santé de la femme et de la jeune fille, une priorité pour l’atteinte des objectifs du développement durable », qui se déclinent en deux sous-thèmes, à savoir :

- Ensemble mettons fin à la Fistule Obstétricale ; et
- L’autonomisation de la femme comme, moyen de promouvoir la santé maternelle et infantile.

Toutes les activités programmées, en lien avec ces thèmes et qui sont en cours de réalisation, visent à contribuer à la réalisation de l’axe 3 de la Stratégie de Croissance Accélérée pour la Promotion de l’Emploi (SCAPE) :développement du capital humain, de la protection sociale et de l’emploi.

Mesdames, Messieurs ;

Vaillantes femmes togolaises,

La morbidité et la mortalité maternelle constituent l’une des préoccupations essentielles dans les pays en développement. On estime, qu’en Afrique, chaque minute une femme meurt des complications de la grossesse et de l’accouchement et que 20 à 30 femmes sur 100 accouchements survivent avec des séquelles dont l’une des plus graves est la fistule obstétricale.

Dans notre pays, la santé de la femme et de la jeune fille préoccupe à plus d’un titre le gouvernement et particulièrement le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE qui en a fait une priorité au cours de son quinquennat 2015-2020 placée sous le signe du progrès économique et sociale.

Il est nécessaire pour nous de rappeler que précédemment, dans le cadre de la politique nationale de la santé de la mère et de l’enfant au Togo, le Chef de l’Etat avait lancé le 14 septembre 2010, la Campagne d’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle et Néonatale en Afrique (CARMMA), réaffirmant ainsi son engagement et sa détermination à accélérer la lutte contre la mortalité et toutes les
morbidités subséquentes à la maternité. Car, estime-t-il : « Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie ».

Depuis donc 2011 : la césarienne est subventionnée à 90%, réduisant ainsi considérablement le nombre de décès maternels. La lutte contre la fistule obstétricale a permis de sensibiliser la population sur ladite maladie et de réparer 400 femmes dont environ 330 sont totalement guéries et bénéficient d’un appui technique et financier pour leur réinsertion socioéconomique.

Depuis lors, le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a fait beaucoup d’effort en matière de l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant par des offres de services gratuits, notamment :

- la gratuité à 90% des coûts de la césarienne ;
- la mise en œuvre des stratégies novatrices d’offres de services gratuits en santé de reproduction (consultation prénatale et planification familiale) ;
- la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées ;
- la prise en charge gratuite du traitement de la fistule obstétricale ;
- la gratuité de la vaccination chez les femmes avant et après accouchement et les nouveau-nés ;
- la prise en charge à 100% des enfants de moins de 5 ans et des accouchements par l’Institut National d’Assurance Maladie.

Loin d’être exhaustive, la liste des actions réalisées par le gouvernement dans le domaine est longue et concrétise ainsi, son engagement à œuvrer davantage pour améliorer l’accès des femmes et des filles aux services de santé de reproduction.

Ces interventions diverses ont contribué à réduire de façon significative la mortalité maternelle qui est passée de 478 pour 100 000 femmes en 1998 à 401 en 2013 d’une part et la mortalité infantile de 78 pour 1 000 naissances vivantes en 2010 à 49 pour 1 000 en 2013.

Mesdames, Messieurs,

Chères mamans, chères sœurs,

S’agissant de l’autonomisation de la femme, il est aussi nécessaire de mentionner que, selon les statistiques nationales, les femmes représentent 51,4% de la population totale (RGPH, 2010). Sur le plan économique, elles représentent 53,7% des actifs contre 46,3% d’hommes. Elles constituent alors une force économique du pays. Mais force est de constater que les efforts de nombre d’entre elles sont mis à rudes épreuves, du fait de la faible ou non maîtrise de leur santé de reproduction. En effet, elles souffrent de maladies, souvent évitables ou curables, qui entravent leur autonomisation économique. Ceci se traduit par des grossesses nombreuses et très rapprochées, des avortements provoqués et souvent mortels chez les jeunes et les adolescentes, des multiples complications obstétricales, des cancers du sein, du col ou de l’utérus, etc...

Aussi, la santé des femmes est-elle affectée par des pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines (excision notamment) et les mariages précoces.

Prenant la mesure de cette situation, le gouvernement s’est repositionné en faveur de la planification familiale (PF) dans l’unique but de réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile et d’encourager l’espacement des naissances.

Malgré les avancées significatives réalisées en la matière, d’importants défis restent encore à relever.

Mesdames, Messieurs,

Vaillantes femmes togolaises,

Le gouvernement reste conscient de ces défis qui entravent encore l’épanouissement et l’autonomisation complets des femmes et des jeunes filles à travers le territoire national. C’est pourquoi il s’emploie à :

-Réduire substantiellement l’analphabétisme des adultes en général et des femmes en particulier ; d’une part
-combattre avec vigueur les pesanteurs socioculturelles d’autre part qui perpétuent les inégalités de genre ;
-faciliter l’accès des femmes aux facteurs et aux moyens de production (terre cultivable, microcrédit, technologie, informations relatives aux micro-finances,…) et aux marchés ;
-lutter contre la stigmatisation et la marginalisation des femmes souffrant de la fistule obstétricale, etc..

Mesdames, Messieurs ;

Vaillantes femmes togolaises,

Dans le cadre de la célébration de cette 54ème édition et dans le souci de renforcer les acquis de notre pays en matière d’amélioration de la santé de reproduction des femmes et des jeunes filles ainsi que de lutte contre la fistule obstétricale d’une part et d’autonomisation de la femme d’autre part, mon département avec l’appui de ses partenaires se propose d’organiser des séances de causeries éducatives et de sensibilisations de masse, des panels, des émissions radiodiffusées et télévisées sur le thème sur toute l’étendue du territoire national.

J’invite donc les différents acteurs à prendre part activement aux différentes manifestations de la Journée de la Femme Africaine dans leur milieu respectif.

Vive les femmes africaines ! Vive les femmes togolaises ! Vive la solidarité entre les femmes et les hommes ! Vive le Togo.

Je vous remercie.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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