Renouveler la classe politique

Le climat politique s’est encore alourdi ces derniers jours avec un dialogue des partis parlementaires soldé par un échec, si l’on ose croire Me Apévon de la Coalition Arc-en-ciel. « Il faut considérer que le dialogue a échoué. » a lancé à la presse le président du CAR pendant qu’il quittait la salle avant l’élaboration du rapport du facilitateur le lundi après-midi. Néanmoins, ce constat d’échec n’est pas de l’avis de tous les observateurs, surtout pas de celui de Mgr Nicodème Barrigah, facilitateur de ce dialogue. Pour preuve, lorsque la question lui a été posée, il a répondu : « chacun peut apprécier à sa manière. C’est une étape qui n’a pas permis d’arriver à toutes les conclusions auxquelles les uns et les autres s’attendaient. Mais ce serait excessif de ma part de parler d’un échec de ce dialogue. »
N’empêche, un rapport a été produit et remis au Chef du gouvernement pour la suite à donner aux discussions. Evidemment, le dialogue des partis parlementaires n’était pas une Assemblée nationale bis. Il devait permettre aux différents participants de s’accorder sur les sujets d’ordre constitutionnel et institutionnel afin d’améliorer le cadre électoral du pays et permettre l’organisation, désormais, d’élections acceptées par tous. Et la conséquence serait l’apaisement du climat politique. En ce sens qu’après les discussions, les élus du peuple mettront ces accords en forme juridique pour les insérer dans la loi fondamentale et ils feront alors force de loi.
A partir de cet instant, le citoyen lambda se demande les raisons qui justifient encore la difficulté des dirigeants politiques à s’accorder sur le minimum et faire avancer le pays. Alors qu’ils ont accepté discuter entre eux.

En réalité, l’incompréhension caractérielle de cette classe politique est le fait que depuis plus de vingt ans, les revendications politiques sont restées inamovibles et les positions toujours tranchées. Le discours servi aux populations dès l’entrée dans l’ère démocratique n’a pas encore changé. Et c’est normal, parce que ce sont les mêmes acteurs qui le tiennent. Et dans le même schéma, l’opposition attaque, le régime en place réagit et contre-attaque, pour, malheureusement, des redites.

Finalement, une analyse approfondie de la situation et suivant la répétition des actes politiques, donne l’impression que ce dialogue a été organisé exprès pour créer une tension artificielle dans le pays à la veille des échéances électorales.

 Au vu de tout cela, la seule alternative, aujourd’hui pour le Togo, est le renouvellement de sa classe politique, en vrai, le changement des premiers acteurs. Pour un changement de ton, de méthode et de vision.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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