Turquie

Recep Tayyip Erdogan reste

En Turquie, les partisans de Recep Tayyip Erdogan ont célébré ce week-end l’échec du putsch contre le président turc. Notamment à Istanbul, sur la place Taksim, là où avait commencé il y a trois ans la révolte de Gezi contre le régime de celui qui était alors Premier ministre. Rencontre avec ces militants qui avaient manifesté contre le président turc lors du « printemps de Gezi » en 2013 et qui portent un regard désabusé sur les événements d’aujourd’hui.

Pendant que les partisans de Recep Tayyip Erdogan célébraient sur la place Taksim ce week-end, ceux qui étaient sur cette place il y a trois ans pour défier le régime sont restés entre eux, chez eux, à la maison, un peu hagards face à une situation perdante à tous coups, comme l’explique Emirhan, un jeune artiste plasticien :

« C’est une bonne chose que le putsch n’ait pas eu lieu, mais en même temps on ne peut même pas s’en réjouir puisque ce gouvernement n’est pas démocratique. Et dans le contexte actuel, notre plus grande crainte est que tout ceci finisse par prendre la forme d’une guerre civile. »

Le président Erdogan a promis dimanche d’éliminer le « virus » qui ronge la société turque. A Istanbul, les violences du week-end ne font rien pour rassurer. « Les électeurs de l’AKP célèbrent dans les rues la victoire contre les putschistes, ceux qui ne sortent pas savent très bien que c’était bidon, le pouvoir en place n’a jamais été menacé ! C’est pourquoi nous n’avons aucune réaction. Mais malgré tout, on ne peut pas sortir, puisque les gens dans la rue nous font peur », explique Bürde, une avocate pour un grand groupe international.

Parmi cette jeunesse libérale d’Istanbul, une idée déjà évoquée au lendemain des événements de Gezi refait surface : celle de partir s’installer à l’étranger, pour quelques mois ou pour de bon.

Radio France Iinternationale

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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