Messe médiatique de ce jeudi 13 avril

Opposants divisés, journaux unanimes.

Le climat est froid entre des leaders de l’opposition sur la question de la participation au CNSD. Les journaux en parlent ce 13 avril.

Les leaders de l’opposition togolaise se désolidarisent les uns des autres. La situation n’est pas nouvelle lorsque l’on jette un regard sur l’histoire sociopolitique du pays. Et cette fois, sont en cause les dirigeants du Comité d’action pour le renouveau (CAR), Yawovi Agboyibo, et de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre qui ne se comprennent pas quant à la représentation des acteurs de l’opposition dans le Conseil national de suivi et de la décentralisation (CNSD).

Au fait, sont attribuées par décret à l’opposition huit places auxquelles l’ANC demande l’ajout d’une pour que le nombre de places soit porté à 9. Cette position, le Chef de file de l’opposition l’exige dans un courrier qu’il a adressé au ministre en charge de l’administration territoriale, missive dans laquelle il présente ses motifs. Le CAR, de son côté, est mécontent d’un siège attribué à l’UFC et accuse l’ANC d’en être un des instigateurs. Le parti de Me Agboyibo demande aussi l’abrogation de la loi portant statut de l’opposition. Des incompréhensions qui font croire à Warra Les Vainqueurs que « l’opposition togolaise n’a pas encore le programme de l’alternance dans son agenda » car constate-t-il, « Pendant que l’opposition des pays comme le Burkina-Faso et la Gambie ont pu affronter et renverser avec succès le pouvoir en place, l’opposition togolaise se contente de petites places dans les commissions ».

Togo Matin renchérit, « Conseil national de suivi et de la décentralisation : l’opposition trouve opportun de creuser sa tombe ». « Ces querelles reflètent d’ores et déjà l’enjeu politique des élections locales à venir. Tout semble en place pour l’échec, sinon l’enterrement de l’opposition qui creuse ainsi sa tombe. Et les jeunes partis d’opposition, les nouvelles figures de cette classe, en seront sans doute les principales victimes de cette guerre injustifiée », explique le journal.

« L’opposition togolaise est malade de ses responsables qui refusent de faire l’alternance à la tête de leur parti en s’accrochant aux petits intérêts alors que leurs militants attendent beaucoup plus d’eux. Les leaders de l’opposition sont heureux de demeurer à la tête de leur parti au lieu de mener un vrai combat pour l’alternance. Jean-Pierre Fabre ne se prive pas d’occasion pour brandir bruyamment son titre de chef de file de l’opposition tandis que Me Agboyibo reprend sans honte son parti », commente Chronique de la Semaine.

Echo du pays aussi analyse à sa manière, « Au lieu de se retrouver autour d’une table pour aplanir leurs divergences concernant la désignation des membres e l’opposition au sein de cette commission, les responsables de ces formations politiques préfèrent transporter une nouvelle fois à la place publique leurs mésententes, et leurs haines réciproques comme pour dire à l’opinion qu’ils ne pourront jamais s’entendre sur le minimum. Comment des partis politiques qui se réclament de l’opposition, peuvent continuer par étaler quotidiennement sur les médias leurs rancœurs à propos d’un sujet aussi simple que la composition du CNSD ? »

Libération semble aussi ne pas comprendre cette affaire. Le journal écrit à sa page 3, « Le paradoxe de l’opposition : pendant que le parti UNIR est sur le terrain, les leaders de l’opposition s’entredéchirent ». Le journal conseille aux leaders de l’opposition « d’oublier leur égo et commencer les préparatifs » des prochaines échéances électorales pour « ne pas se faire hara kiri et surtout ne pas crier après que le scrutin n’est pas crédible, ou encore moins le découpage électoral a été inégal ».

« En route avers la décentralisation avec la nomination du CNSD : et si l’opposition arrêtait sa comédie ? », se demande Togo Nyigba qui fonde l’espoir « que toutes les parties prenantes jouent avec bonne foi leurs partitions pour la tenue effective des élections locales ».

A la une aussi jeudi, la nomination à la tête de la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER) de l’ancien ministre de l’économie et des finances, Adji Otèth Ayassor, en qualité de directeur général par intérim. L’information est confirmée par La Nouvelle Tribune et Golfe Info qui rappellent que le togolais remplace à ce poste le sénégalais Thierno Bocar Tall, décédé début janvier à Paris.

Liberté est véhémente sur le sujet. « Faure Gnassingbé consacre l’impunité au Togo : Ayassor nommé à la tête de la SABER », écrit le quotidien privé. « Le Togo est-il si pauvre d’intellectuels capables pour que Faure Gnassingbé soit obligé de ramener un ancien ministre sur qui pèsent des soupçons énormes de corruption lors de son passage dans le gouvernement ? », se demande le journal qui pense que le pouvoir de Faure Gnassingbé fait la promotion des « pilleurs de la République ».

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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