Rails de Soviépé

Les rails de plus en plus engloutis ou déplantés

Occupation anarchique des voies ferroviaires

Naguère principal réseau de transport des personnes et des biens à moindre coût, le chemin de fer ne résiste plus à l’usure du temps. La plupart des lignes datant de l’époque coloniale tombent l’une après l’autre sous le poids de l’âge. Principale cause : l’entretien des engins et rails n’est plus au rendez-vous. Et les trains et les lignes sont frappés de vétusté.

L’annonce a été faite par les autorités pour la réhabilitation du chemin de fer, mais à ce jour la mayonnaise n’a pas encore pris. Le projet est toujours à l’étape scripturale. La nature ayant horreur du vide, le transport routier ravit la vedette et garde toujours l’ascendance.

Jadis fréquent sur l’axe Lomé-Blitta, Lomé-Aného, le passage du train se raréfie au fil du temps à tel point qu’aujourd’hui, cela pourrait faire l’objet de tourisme lorsqu’on se déplace vers les zones minières où le réseau ferroviaire est loin de baisser l’échine grâce aux exploitations minières. En effet, les phosphates de Kpomé et de Hahotoé sont acheminés vers l’usine de Kpémé par voie ferroviaire.

Dernièrement, la ligne longeant le marché d’Abové, située entre le boulevard de la Kara et la route d’Atikoumé a été purement et simplement déplantée et coupée en morceaux. Certaines sources indiquent que c’est une opération visant à renouveler lesdites infrastructures. Mais le temps passe. Face à cette situation, la population riveraine se contente de tirer le maximum de profit. Pour preuve, au loin, vers Soviépé, ce sont les centres vidéos et de jeux en guise de cinéma, les bars, les ateliers de mécanique et autres qui sont installés presque sur les rails. Interrogés, les occupants se prononcent.

« Nous sommes à un moment où le train a cessé ses activités. C’est pourquoi nous avons eu le courage de nous installer ici. En attendant une reprise éventuelle des activités du réseau ferroviaire, nous continuons nos business », a déclaré un tenancier de bar.

Presque tous les occupants tiennent des propos similaires. « Pour le moment, je m’installe pour faire mes activités. Si un jour, on me demande de déguerpir, je le ferai parce que je suis conscient que c’est un lieu qui appartient à l’Etat », telle est l’intervention d’un mécanicien qui est aussi installé dans la zone.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

Du même auteur