Agbéyomé Kodjo sur l’atelier du HCRRUN

« Nécessairement, les lignes vont bouger... »

Après l’atelier de réflexion et d’échanges sur les réformes politiques et institutionnelles organisé par le Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) du 11 au 15 juillet, Agbéyomé Kodjo, président de parti politique Organisation pour bâtir dans l’unité un Togo solidaire (OBUTS), croit en un avenir meilleur pour le peuple, trouvant « transcendantal » le contenu de cette rencontre. Nous l’avons interrogé sur ses sentiments après ces assises et c’est tout joyeux qu’il a exprimé sa foi de voir les réformes se faire. Trouvez ici l’intégralité de ses propos.

pa-lunion.com  : Comment se sot déroulés les échanges au cours de cette rencontre ?
Agbéyomé Kodjo : Il n’y a pas eu de sujet tabou derrière la thématique. C’est un examen de la société togolaise qui a été fait en passant par la justice, le problème foncier, celui de la chefferie, la limitation du mandat et le mode de scrutin. Tout le monde a reconnu que les premières républiques ont échoué. Échoué parce qu’il y a eu des problèmes d’antagonismes, de rivalités et ce n’est pas un conflit idéologique qui avait divisé les gens mais celui d’intérêt et d’ego. Nous avons tracé le chemin et peut-être au delà. Et c’est cela aussi qui fonde mon espérance que les choses vont changer. Nous partons rassurés.

Vous, acteurs politiques, avez-vous l’impression d’avoir été suffisamment écoutés ?
Oui, nous avons été écoutés. Au départ, nous avions eu une inquiétude relative à la déclaration du président de la République à Berlin et à la démonstration de force des intellectuels ici même dans cette salle. Nous avons dit qu’il faut faire la part des choses : les intellectuels éclairent le chemin, le sujet pour les acteurs politiques qui choisissent.

Au sortir de ces discussions, quel avenir présagez-vous pour le Togo sur cette question de réformes ?
Quelque chose s’est passée dans cette salle et je suis certain qu’il va être très difficile que les plus hautes autorités de notre pays ne puissent pas écouter les cris d’un Togo uni, plus fort qui s’élèvent à partir de cette salle. Même les plus sceptiques qui sont arrivés le reconnaissent : Zeus Ajavon a, par exemple, déclaré que ceux qui ne sont pas venus ont tort. Le président de la République ne peut pas rester indifférent par rapport à ce qui se dégage de cette salle. Je n’ai pas discuté avec lui mais j’en suis convaincu. Nécessairement, dans les semaines et mois à venir, les lignes vont bouger parce que ce qui s’est passé ici est transcendantale.

Le blocage a souvent été la limitation du mandat surtout en ce qui concerne son délai d’application. En avez-vous clairement parlé ?
Au niveau de la classe politique qui s’est retrouvée ici, nous avons convenu que lorsque le gouvernement avait voulu faire les réformes, c’était stupide d’exiger aux réformateurs de ne pas aligner leur candidat. Nous avons regretté cela. Maintenant, c’est clair. Si demain, on dit qu’on limite, la classe politique réfléchirait deux fois avant de poser des préalables.

Tendons-nous vers une nouvelle république ?
Tout dépend. Nous y avons pensé. La liste d’éléments nouveaux à introduire dans cette constitution est longue. Si on doit introduire tout cela, je ne sais pas si l’architecture juridique de l’acte fondamental garderait sa cohérence. Mais si les juristes pensent qu’il fait la garder, ça ne pose pas de problème.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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