Les perspectives économiques pour l’Afrique

Alors que se tiennent à Abidjan les assemblées annuelles de la BAD, la publication du rapport « Perspectives économiques en Afrique 2015 », impulsé par la Banque africaine de développement, appelle les États du continent à mobiliser le potentiel « immense et largement inexploité » de leurs territoires.

Selon ce rapport, la croissance des économies africaines, qui a atteint 3,9% en 2014, devrait être de 4,5% cette année et de 5% en 2016, « surpassant la plupart des autres régions et se rapprochant ainsi avec les taux observés en Asie ».
Les motifs d’inquiétude sont pourtant présents.

« Le tassement des cours du pétrole et des matières premières, les incertitudes à l’échelle mondiale, les conséquences de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest et l’instabilité de la vie politique intérieure pourraient retarder le retour prévu au niveau de la croissance d’avant 2008 ».

On remarquera aussi que cette croissance positive ne bénéficie pas suffisamment aux populations dans de nombreux pays africains.

Les taux de pauvreté « demeurent obstinément élevés tandis que les progrès de la santé, de l’éducation et des revenus sont inégaux ».

Entre 2010 et 2050, les États africains compteront une main d’œuvre supplémentaire de 910 millions de personnes (830 millions de plus en Afrique subsaharienne). Au cours des 15 prochaines années, 370 millions de jeunes entreront sur le marché du travail en Afrique subsaharienne. Cette croissance démographique nécessitera, non seulement, « de créer beaucoup d’emplois et d’opportunités d’épargne et d’investissement », mais « conjuguée au changement climatique, [elle] exercera des pressions accrues sur les ressources naturelles telles que l’alimentation, l’eau et la terre », note le rapport.

La responsabilité des gouvernants est ainsi immense. Ils doivent rendre vivables les grandes communautés urbaines et éviter l’isolement dans la pauvreté des campagnes. Ils doivent aussi mettre en place des services sociaux pour assister les populations les plus déshéritées.

La progression des investissements étrangers peut permettre de faire face à ces défis. On notera qu’ils devraient atteindre 73,5 milliards de dollars cette année. Pékin est ainsi, après l’Union européenne, le deuxième bailleur. Le rapport évoque, par ailleurs, le rôle prépondérant des entreprises sud-africaines sur tout le continent, devançant leurs consœurs marocaines et nigérianes.
Alors que la BAD se cherche un nouveau président, les défis qui l’attendent sont immenses.

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