Une veuve, accompagnée de sa marraine, ayant reçu la premission d'aller au marché

Pratiques traditionnelles

Le veuvage

De tous temps et dans toutes les sociétés, la femme est souvent la
première victime des abus des coutumes et tabous. Ils ont souvent pour
but de l’intimider et de la soumettre pour mieux la maîtriser. L’une de ces pratiques traditionnelles en Afrique mettant la femme à rudes épreuves est le veuvage.

Ce sont des rites que les veuves accomplissent à la mort de
leur mari. Dans plusieurs sociétés africaines, ces pratiques comprennent entre autres leur réclusion pendant plusieurs mois sans changer de vêtements et sans hygiène personnelle, le rasage de la tête et le fait de s’asseoir sur le sol nu pendant plusieurs jours.
Telle une Reine des Ténèbres, la Veuve africaine va subir avec dignité
toutes les épreuves de son devoir. Cette cérémonie destinée aux veuves
est un véritable rituel thérapeutique.
Selon les croyances, le veuvage s’explique par la conception selon laquelle "il faut exorciser la Femme de l’esprit de son défunt mari, qui hante
son corps, afin de libérer l’âme du disparu et sauver la sienne.
"
Dans certains cas extrêmes la femme est forcée de boire l’eau ayant
servi à faire la toilette du corps du défunt pour prouver qu’elle
n’est pas la cause de son décès.
Les coutumes tentent, tant bien que mal, de justifier ces pratiques.
Par exemple, le veuvage empêche la femme de sombrer dans la folie et
de perdre sa mémoire. Le rasage de tête est un moyen d’enlaidir la
veuve qui, restant libre, est soi-disant une menace pour les couples
du village. Le fait de la dévêtir violemment, de la rouler dans la
boue et de la tremper dans une rivière à l’aube, la débarrasserait des
odeurs corporelles de son défunt mari pour la délivrer de la
malchance.
Elle n’a le droit dans certains cas d’aller aux toilettes qu’à l’aube
ou à six heures du soir. Si entre ces deux limitations elle éprouve
des besoins physiologiques, elle est obligée de se servir de son vase
de nuit et l’on peut facilement imaginer l’atmosphère de la chambre
lorsque les veuves sont nombreuses en cas de polygamie.
Le non respect de la vie de celle-ci peut aller jusqu’à la laisser en
héritage pour le frère ou le fils aîné du défunt. Dans certains pays,
le veuvage des femmes est perçu comme une situation honteuse. Ce
statut leur interdit de se remarier et les expose à de multiples
violences.
De nos jours, la pratique est en train de changer en Afrique , surtout
dans les grandes villes et avec le nombre croissant de fidèles chrétiens.
Puissent des voix s’élever pour que l’égalité des sexes soit effective. Car, quand c’est la femme qui meurt, le veuf n’a pas de contraintes que d’enterrer la défunte.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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