Problématique de la décentralisation

Le point de vue du Prof. Nouhoum DIALLO

La décentralisation et les élections locales ont repris le dessus dans l’actualité nationale depuis quelques jours. En visite à Lomé, en fin du mois dernier, pour le compte d’un séminaire organisé par la CDPA (Convention démocratique des peuples africains), Pr Ali Nouhoum DIALLO, ancien président de l’Assemblée nationale du Mali et du Parlement de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), se penchait sur la question. Pour lui, une concertation des populations à la base est nécessaire pour une avancée concrète de la décentralisation.

La Mali a amorcé depuis des années le processus de décentralisation. Son expérience est révélatrice de la complexité du processus. En effet, dans le pays, les divisions ethniques, le sens de la royauté, et le passé des populations empiètent sur la marche vers la décentralisation.

Pour le cas du Togo, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali et du Parlement de la CEDEAO préconise la concertation des populations à la base.

« La classe politique a besoin d’abord de s’entendre, de descendre au niveau des populations, des villages, des hameaux, etc. pour partager avec les populations leur vision de l’organisation sociale. Je reste persuadé que si l’on ne recueille pas les opinions de tout le monde, faire participer de façon éclairée les populations à la gestion, en allant vers elles plein de conviction mais aussi d’ouverture, cela ne marchera pas », prévient le professeur.

Pour lui, la gestion des affaires par les populations n’est pas chose aisée et certaines mesures sont indispensables.

« Il faudrait de grandes capacités pour gérer les communes. Il ne faudrait pas croire que les communes sont simplement un pouvoir politique. C’est surtout une capacité de gestion de l’économie locale pour permettre aux populations administrées par le maire et son conseil communal de mieux vivre , de mieux s’instruire , de mieux se soigner , de mieux s’habiller. Il faut surtout que le Togo évite de mettre à la tête des communes des personnes analphabètes et qui confondent gestion communale et gestion d’un village ou d’un canton. Le pouvoir apparait avant tout comme politique mais quand on a pris le pouvoir politique, il faut pouvoir gérer l’économie, gérer la production des richesses, les distribuer d’abord conformément à chacun selon son travail et conformément à chacun selon son besoin, le plus équitablement possible », indique-t-il.

Tout compte fait, ce processus est indispensable, note-t-il.
« L’avantage de la décentralisation est d’avoir des citoyens conscients qui prennent le destin du pays en main. Elle permet à chaque citoyen et à chaque citoyenne de partager avec les dirigeants sa façon de voir la gestion du pays. », laisse-t-il entendre.

Au moment où des divergences naissent par rapport à la procédure devant amener à la décentralisation, cette position pourra-t-elle peser dans les choix des uns et des autres ?

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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