Opération de coptage de responsables de l’opposition

Le ministre Boukpessi Payadowa s’explique

Depuis quelques jours, certains partis politiques de l’opposition togolaise font état de ce qu’à l’intérieur du pays, des préfets sollicitent des responsables de leurs fédérations pour siéger au sein des délégations spéciales.

Intervenant ce jeudi dernier sur une radio locale, le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Payadowa Boukpessi n’a pas nié une telle situation. Au contraire, dans son intervention, il a expliqué ce qui amène les préfets à tendre la main aux responsables fédéraux des partis politiques. Tout en rappelant que cela ne se passe pas dans toutes les préfectures que compte le pays, le ministre a souligné que le constat est fait que dans certaines préfectures, les délégations spéciales sont composées de moins de 4 membres sur 7 au total, pour les délibérations, comme l’exige la loi. Dans la commune de Bassar par exemple, la délégation spéciale a en son sein un seul membre.

« L’atelier sur les élections locales organisé par le gouvernement le 6 décembre dernier, a fait le même constat et a recommandé que le vide soit comblé en attendant les prochaines élections locales. On y a pris soin de dire que l’opposition également puisse prendre part », a lancé le ministre.

Ainsi, M. Boukpessi ne pense pas que les négociations engagées par les préfets avec les responsables fédéraux des partis politiques de l’opposition dans les collectivités locales et non directement avec les premiers responsables de ces partis, soit une mauvaise chose en soi. « Ils discutent avec eux sur place pour recueillir leur avis, quitte à eux de saisir leur état-major », a-t-il dit.

Il a même insisté sur le fait que tous les partis politiques qui ne sont pas en désaccord avec cette démarche qui, selon lui, n’a aucune incidence sur l’agenda des élections qui auront bel et bien lieu dans les 15 ou 18 mois, comme l’a recommandé l’atelier de décembre dernier.

Certains partis de l’opposition togolaise, non des moindres, ont condamné la démarche. Il s’agit de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), le principal parti de l’opposition et la Convention démocratique des peuples africains (CDPA). Dans un communiqué en date du 25 février dernier, la CDPA n’est pas allée de main morte pour juger la situation.

Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson s’est étonnée de l’initiative de reconstruction des délégations spéciales, au moment où le gouvernement, par la voix du ministre des Affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration africaine, Robert Dussey, a annoncé sur une chaîne internationale, que les élections locales auront lieu d’ici la fin de l’année 2017.

La CDPA dit aussi voir dans la démarche, « une tentative de débauchage de ses militants à la base ».

L’ANC y trouve une obstination du pouvoir à refuser la mise en œuvre des réformes politiques et l’organisation des élections locales et un privilège pour le maintien et le renouvellement des délégations spéciales, en dépit de tous les rappels et sollicitations.

Les Forces démocratiques pour la République (FDR) de Me Dodji Apévon, s’est rigoureusement opposé à la demande des préfets et a mis en garde ses militants qui seraient tentés de répondre à la sollicitation des préfets.

Les dernières élections locales au Togo, ont eu lieu en 1987. Les délégations spéciales sont en place depuis le début des années 1990.

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