Pour financer la réduction de la pollution

Le Togo veut 532 milliards Cfa de 2021 à 2030

La Conférence de Paris sur le climat (COP21) a lieu durant la première quinzaine de décembre 2015 à Le Bourget, en France. Pour la cause, le Togo a reçu une facilité d’appui, financée par l’Agence française du développement et mise en œuvre par Expertise France, afin d’élaborer ses contributions nationales. D’après la programmation du pays organisateur de la COP21, la France, ces contributions nationales doivent être envoyées le 1er octobre prochain. Après la session de négociations formelles CCNUCC, en février, une seconde session de négociations sur le texte de l’accord, du 1er au 11 juin, une troisième session avait été annoncée pour la fin août/début septembre. Avant la quatrième session de négociations attendue du 18 au 23 octobre.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le pays de Faure Gnassingbé est dans les délais. Au Togo, l’atelier de validation des contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN) a été effectivement organisé les 14 et 15 septembre 2015. Il s’agit d’un document qui consigne les objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de contribuer à l’objectif global de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C d’ici 2050. « Par cet engagement, le Togo pourra espérer un développement durable plus respectueux de notre maison commune, la terre, et des générations futures, nos enfants. Puisse le cas du Togo inspirer les autres pays africains et permettre des échanges riches au sein du continent dans les semaines à venir », a souhaité l’Ambassadeur de France au Togo, Marc Fonbaustier. « Le Togo n’est pas producteur de gaz à effet de serre, mais subit énormément les conséquences néfastes de ce phénomène tragique qui risque de détruire la planète terre un tant soit peu. Il n’est plus besoin de rappeler que le réchauffement climatique constitue une menace pour notre planète terre et donc il faut se mobiliser pour réduire, voire même anéantir l’hécatombe (…) Quelle planète notre génération va-t-elle laisser à la génération à venir », a ajouté le ministre de l’Environnement et des ressources forestières, André Johnson. Précisant que 2015 a été l’année la plus chaude.
A y voir de près, les priorités identifiées dans les contributions nationales du Togo renvoient aux secteurs de l’énergie, agriculture, établissements humains et santé, ressources en eau, érosion côtière, affectation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie. Pêle-mêle, on y apprend le développement des énergies renouvelables pour atteindre 4% du mix énergétique en 2020, à travers la promotion des biocarburants et la valorisation des terres dégradées, la détaxation à l’importation des équipements d’énergie solaire et éoliens ; la gestion durable des énergies traditionnelles comme le bois de chauffe et charbon de bois ; la mise en place de stratégies d’économie d’énergie électrique ; le développement de mini-réseaux hybrides pour l’électrification rurale ; la promotion des modes de transport sobre en carbone ; la promotion de nouvelles technologies propres dans le secteur de bâtiment ; le renforcement des capacités (techniques et matérielles) des services de météorologie pour une bonne prévision et planification des activités ; le reboisement et la protection des zones à écosystème fragile comme les flancs de montagne et les berges des cours d’eau, pour lutter contre les inondations, les vents violents et l’érosion ; la protection des ressources en eau ; l’amélioration de la gestion de l’eau dans le secteur agricole ; la conservation des eaux de pluies et réutilisation des eaux usées ; l’amélioration de la gestion des eaux souterraines ; la réduction de la vulnérabilité en milieu rural par la construction et la réhabilitation des retenues d’eau pour la micro-irrigation et l’abreuvement du bétail en milieu rural dans toutes les régions ; l’appui à l’élaboration de la cartographie des zones sensibles aux changements climatiques associée à la diffusion des bonnes pratiques agro-écologiques ; la promotion de systèmes de production rizicole très peu consommateurs d’eau et induisant de faibles émissions de gaz à effet de serre ; le renforcement de l’assainissement et du drainage des eaux pluviales dans les principaux centres urbains ; l’aménagement et réhabilitation de la voirie urbaine dans les principaux centres urbains ; la promotion de la foresterie urbaine ; la gestion rationnelle et durable des déchets en milieu urbain ; la réalisation des investissements structurants de protection de la côte ; etc. Le tout pour un besoin total de financement d’environ 532 milliards de francs Cfa, de 2021 (année de commencement des contributions) à 2030. L’argent restera le nerf de la guerre, peut-on dire. Les gaz à effet de serre compris dans les contributions sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l’hémioxyde d’azote (N2O).
Les gaz à effet de serre émis en 2010 (année de référence) par le Togo ne constituaient que 0,05% du total des émissions mondiales. N’empêche, par ses contributions à la conférence de Paris, le Togo réaffirme sa conviction dans le principe de responsabilité commune mais différenciée et s’engage à prendre des mesures ambitieuses pour contribuer à l’objectif de 2°C.
Au Togo, l’impact des changements climatique se concentre sur l’érosion côtière et la désertification. L’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques est également un enjeu important. Aussi le pays s’est-il doté, en 2009, d’un plan national d’adaptation aux changements climatiques. Quatre axes d’action stratégiques sont identifiés : le renforcement des capacités des exploitants et producteurs ruraux ; la gestion rationnelle des ressources naturelles menacées ; la protection et la sécurisation des infrastructures et équipements structurants à risque ; l’alerte précoce contre les catastrophes climatiques.
Alors que la température moyenne à la surface de la Terre a déjà augmenté de 1°C entre 1900 et aujourd’hui, elle pourrait encore augmenter de 0.3 à 4.8°C d’ici 2100, en fonction des scénarii et des mesures prises par la communauté internationale. Les impacts du changement climatique sont déjà visibles : accroissement des températures moyennes globales de l’atmosphère et de l’océan, fonte des glaciers, élévation du niveau moyen des mers, et recrudescence des extrêmes climatiques. D’autres impacts sont à prévoir : plus de températures chaudes que froides en certains endroits ; la température moyenne globale devrait augmenter ainsi que les extrêmes climatiques ; augmentation de l’intensité pluviométrique ; diminution de l’humidité des sols et risque de sécheresse dans les régions semi arides et arides.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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