Présumée affaire de notes truquées à l‘UL

Le SYNPHOT s’en mêle, le FCTD crie au scandale

Une grève sèche dans les centres hospitaliers publics, c’est ce qui attend les populations à compter de ce mardi. Cette mesure est la réponse du SYNPHOT à l’interpellation du vice-doyen de la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Lomé et de deux étudiants dans une présumée affaire de notes truquées.

Depuis quelques jours, l’affaire fait grand bruit : le prof Majesté Ihou Watéba , médecin et vice-doyen de la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Lomé est détenu par le Service de renseignements et d’investigations de la Gendarmerie nationale pour une présumée affaire de notes truquées à ladite faculté. Dans la même affaire sont impliqués deux étudiants dont Yann Cédric Folly Dosseh, fils du Prof David Dosseh, coordonnateur du Front citoyen Togo Debout (FCTB) et ancien responsable du SYNPHOT. Depuis quelques jours, plusieurs voix s’élèvent contre la tournure des événements.

Vendredi déjà, le personnel et les étudiants de la Faculté des sciences de la santé avaient organisé un sit-in pour demander la libération des personnes mises en garde-à-vue dans cette présumée affaire.

Ce lundi, le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT), dans un élan de soutien aux personnes interpellées a lancé une «  grève sèche dans tous les hôpitaux publics » à partir de ce 13 mars. Le SYNPHOT exige la libération des étudiants et du prof Ihou Wateba ainsi que la satisfaction de sa plateforme revendicative au cœur des grèves exécutées ces dernières semaines.

Pour sa part, le FCTD croit que cette affaire est purement politique. Dans une déclaration liminaire présentée dimanche aux médias nationaux et internationaux, l’organisation se dit être la cible du pouvoir togolais.

« L’engagement du Professeur David DOSSEH dans la société civile à travers le Front citoyen « Togo Debout » et les Universités sociales du Togo qui ont organisé avec une équipe de recherche du département de philosophie un colloque sur le thème « Crise du pouvoir politique et développement de l’Afrique » à l’auditorium de l’Université de Lomé les 2 et 3 mars derniers, lui serait-il reproché ? Un Universitaire n’est-il pas un citoyen qui doit se rendre utile et efficace pour son pays ? », se questionne le FCTD qui poursuit « Il ne fait l’ombre d’aucun doute…que la machine de harcèlements, d’intimidations, de menaces, de musèlement et de décapitation des mouvements de contestation est mise en branle contre le FCTD et ses membres  ». L’organisation fait un parallèle avec des arrestations de certains de ses membres dans d’autres affaires et demande « que cessent immédiatement contre tous ses membres, ses responsables et leurs parents, toutes sortes de menaces, intimidations, harcèlements, persécutions et autres tracasseries policières et judiciaires, surtout pour des questions d’ordre purement académiques ;…et instamment au Président de l’Université de Lomé, le Professeur Dodzi Komlan KOKOROKO, de prendre ses responsabilités ».

Dans une note publiée le 10 mars dernier, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a aussi dénoncé l’interpellation des deux étudiants et du Prof Ihou. « L’ANC dénonce et condamne fermement ces harcèlements policiers délibérés sur la personne d’honorables médecins et étudiants, autant d’exactions qui ne font qu’aggraver la détérioration du climat sociopolitique dans le pays, au moment où le dialogue national en cours exige le parachèvement des mesures d’apaisement annoncées », écrit l’ANC qui poursuit, « En exprimant sa pleine solidarité et son soutien aux deux professeurs et à toutes les personnes victimes d’acharnements et d’arbitraires, l’ANC exige leur libération immédiate et sans conditions ainsi que la fin de toute intimidation à l’encontre des responsables des organisations de la société civile (OSC), des organisations syndicales et estudiantines, des personnels des corps de la santé et de l’enseignement supérieur universitaire ».

Notons que le Prof Ihou Watéba, ayant eu un malaise en fin de semaine dernière suit des soins au CHU Campus.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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