Dans les kiosques ce jeudi 09 février

La presse togolaise a trop de problèmes

Les journaux ce jeudi se sont tournés vers le conflit Sud Médias - HAAC.

L’affaire opposant le groupe Sud Médias (City Fm et LCF) intéresse ce jeudi la presse. Depuis le 06 février, La Chaine du futur (LCF) et la radio City FM dudit groupe ainsi que d’autres médias du pays se sont vus retirés leurs fréquences. Quelques jours après cette fermeture, orchestrée selon plusieurs journaux par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), plusieurs rebondissements sont signalés par la presse ce jeudi.

« Le cri de détresse du personnel du groupe Sud Media », voilà comment La Nouvelle Tribune, parue ce jeudi en son numéro 17, qualifie l’un des derniers actes de cette affaire. En effet, informe le journal les employés du groupe Sud Médias ont organisé une conférence de presse devant les locaux dudit groupe. Flambeau des démocrates est lui toujours dans l’étonnement. « Togo : la presse en danger ! », s’exclame-t-il. Le journal fait aussi allusion aux agents du groupe qui se retrouvent au chômage malgré eux.

« Fermeture terroriste de LCF et de City FM : la souffrance et la misère de plus de 70 employés désormais sur la conscience de Pitang Tchalla et de Sodja Sallah », écrit Le Perroquet en son numéro 350 du jour. Le journal ne ménage pas le président de la HAAC, Pitang Tchalla, et son conseiller, Sodja Sallah et trouve qu’ « il est urgent que la HAAC notamment son président revienne à de meilleurs sentiments pour préserver la paix sociale au Togo ».

La Nouvelle Tribune précise également que la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l’union de la presse francophone (UPF), deux organisations internationales, en plus de plusieurs organisations de professionnels des médias au Togo et des acteurs de la société civile, condamnent la décision de fermeture de ces deux organes du groupe Sud Médias et « appellent la HAAC à revenir sur sa décision ». Au rang des mécontents, on cite également un membre de la HAAC, Zeus Aziadouvo, président de la commission presse écrite de l’institution. Le Changement écrit, « Zeus Aziadouvo de la HAAC persiste et signe » et livre en intégralité un courrier que l’homme a adressé au président de la HAAC à qui il demande de revoir sa copie pour une résolution de ce conflit.

Dans sa quête d’obtenir réparation dans cette affaire, « Sud Medias saisit la Chambre Administrative de la Cour Suprême », informe Le Rendez-vous. « Le groupe Sud media introduit un recours pour excès de pouvoir », confirme de son côté La Nouvelle Tribune.

La résolution du conflit se trouverait plutôt dans la reprise régulière de la procédure d’attribution de fréquences, c’est ce que pense Abass Kaboua. Cité par Forum de la Semaine, le président du Mouvement des républicains centristes (MRC), « une voix qui est connue, selon le journal, comme ayant été toujours proche de celui que l’on dit être le propriétaire des deux chaines, à savoir Pascal Bodjona », ne croit pas en les dénonciations qui sont faites par plusieurs institutions depuis quelques jours. « Il fallait respecter la procédure, même si vous l’aviez fait pour pallier à une situation, dès que c’est fini, vous n’êtes plus aux affaires, régularisez la situation, mais Dieu est fort, Il sait ce qu’Il fait. Certains croient qu’ils courent mais ils sont confinés dans un petit coin. Je suis d’accord qu’on ferme les chaines qui ne répondent pas à la procédure. Imaginez que LCF continue par travailler en toute illégalité sur vous ? Ce n’est pas normal, là on fait deux poids, deux mesures. Maintenant, ils n’ont qu’à aller reprendre la procédure de A à Z », dit Abass Kaboua.

Pour l’instant le personnel de LCF et de City FM, selon Echos du Pays, est « au chômage » et la HAAC, « sous pression ». Flambeau des démocrates pense que « quoique l’on puisse dire pour justifier cette décision, elle fera encore dégringoler le Togo dans le prochain classement RSF (Reporter sans frontières) ». Le Bâtisseur, se questionne sur l’avenir, « De quoi demain sera-t-il fait, la Cour suprême dira-t-elle le droit dans cette affaire ? …Aujourd’hui, c’est LCF et City FM qui sont fermés , demain, à qui le tour ? ».

Il s’agit là aussi d’ « une bien mauvaise publicité pour Faure Gnassingbé ». C’est ce que pense Liberté. Le journal écrit, « Au moment où le pays est dans divers processus de clin d’œil à la communauté internationale, comme le Millenium challenge account (MCA) des Etats-Unis d’Amérique où une bonne place est accordée à la liberté de la presse, cette affaire ne rend pas du tout service au pouvoir de Lomé ».

Autre sujet liée aux médias au Togo, « la liberté de presse en danger : un journaliste sauvagement battu dur le terrain de reportage », alerte Le Changement. Liberté renchérit, « Alors qu’il couvrait une opération d’expulsion des occupants des maisons consécutive à une décision de la Cour suprême, Robert Avotor, reporter au journal L’Alternative a été traité comme une vulgaire brigand par les gendarmes. Il a été roué de coups, menotté les mains dans le dos puis contraint d’uriner dans son pantalon ». Le Rendez-vous précise que le sieur Robert Avotor était « régulièrement en reportage avec son gilet professionnel qui est sensé (permettre) de l’identifier en tant que journaliste ».

Dans l’actualité économique, Golfe Info et Chronique de la Semaine informent leurs lecteurs que les membres de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées, créée en juillet 2015, ont prêté serment.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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