La poudre aux yeux

L’opposition togolaise s’était retranchée pendant des jours, dans une salle commune, pour décider de la stratégie à adopter face au candidat de la mouvance présidentielle au scrutin présidentiel de 2015. L’ensemble de ces hommes et femmes était décidé à faire bloc contre tout candidat du parti au pouvoir détenant le record de longévité dans la gestion des affaires du pays. Ils ont dénommé leur rencontre "conclave". Ici la fumée blanche devrait être « un candidat unique » de l’opposition.

Très tôt, les divergences se faisaient jour et chacun tentait de les camoufler tout en maintenant la corde toujours raide. Finalement, les langues se sont déliées et le pot-au-rose était mis sur la place publique. Alors commença la guerre des tranchées. Par presse interposée, l’on saura que tout le monde est coupable et victime à la fois. Pour ne pas paraître traitre, l’on s’évertue à nouer des alliances circonstancielles pour des positions communes dirigées, évidemment, contre l’autre camp.

Le "conclave " n’a pas uniquement contribué à diviser les gens. Il a tout de même permis à ceux qui sont restés, même s’ils sont de micro-partis, de désigner un "candidat unique". Les frondeurs aussi ont trouvé leur illumination ; ils ont rendu publique une proposition de loi sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Leur position a été rejoint par l’autre opposition restée observatrice de loin des évènements.

Le "candidat unique" et son entourage ont trouvé que la proposition de loi de leurs anciens alliés n’a rien de positif et ne peut jamais conduire à l’alternance. D’où ils proposeront, dans les jours à venir, une autre version des fameuses réformes.
Visiblement, l’objectif poursuivi par ces leaders politiques est complètement détourné au profit d’une guerre de leadership plus nuisible que constructive. Ne se reconnaissent-ils plus dans la loi qu’ils ont votée à l’Assemblée nationale pourtant rejetée par le groupe parlementaire Unir ? Ont-ils subitement oublié la promesse faite au peuple de rester unis en toute circonstance pour obtenir les réformes…l’alternance ? 

Finalement, ils donnent tous raison à Nicolas Lawson, le leader du PRR, qui ne cesse de répéter que les propos des chefs de l’opposition ne sont que de la "poudre aux yeux." "Ils mentent aux populations…ils ne feront rien…ils n’ont aucun programme" dit-il souvent.

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