A la suite de l’AHIF, Xander Nijnens fait le bilan

L’évolution des investissements hôteliers en Afrique est en bonne voie

Le Forum sur l’investissement hôtelier en Afrique a pris fin le 22 juin dernier. Un bilan sur le genre de financement dans l’hôtellerie africaine est ici fait par Xander Nijnens, premier vice-président des JLL Hotels & Hospitality Group en Afrique subsaharienne.

Q : Comment se présente l’investissement hôtelier aujourd’hui, en Afrique ?
R :
La performance du marché hôtelier et le sentiment des investisseurs en Afrique ont été mitigés au premier semestre 2016, alors que les marchés régionaux subissaient l’incertitude mondiale et la volatilité des prix des ressources. Ce continent comporte toujours de nombreux marchés en forte croissance, mais l’augmentation de la demande connaît un rythme différent selon les pays. Les pays d’Afrique de l’Est et du Sud affichent une demande solide, tandis que ceux de l’Afrique du Nord et de l’Ouest semblent souffrir de l’instabilité et du ralentissement économique. Alors que se tient ce forum, les perspectives de l’investissement hôtelier restent encourageantes malgré une certaine volatilité.

Q : Justement, ces perspectives, déclinez-les nous et dites nous quels sont les défis auxquels fait face l’investissement hôtelier en Afrique.
R :
L’Afrique subsaharienne accueille certaines des économies avec la plus forte croissance, une dynamique principalement portée par l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Ghana. En Afrique de l’Est, le secteur hôtelier connaît une phase de maturation alors qu’une nouvelle offre abondante sur le marché permet d’introduire de nouvelles marques et des biens de meilleure qualité. Sur des marchés tels que celui de Nairobi et d’Addis Abeba, ce nouvel apport risque de rendre l’offre excédentaire à court terme au détriment des actifs surévalués.

À court terme, nous prévoyons une amélioration de la liquidité des actifs existants et de celle consacrée aux nouveaux investissements à hauteur de plus de 2 milliards USD par an. Les taux de capitalisation en Afrique subsaharienne varient entre 8 et 11 %, tandis qu’ils atteignent ou dépassent les 12 % en Afrique du Nord. Alors que les volumes de transactions augmentent à la fois dans le secteur hôtelier et dans les autres catégories d’actifs immobiliers, les indicateurs du marché en termes de prix devraient devenir plus transparents au cours des prochaines années. Le rendement cible des capitaux propres des investissements hôteliers se maintient entre 15 et 25 %.

Le dernier rapport (mai 2016) de STR Global sur l’offre hôtelière existante et en construction indique une hausse de 34 % des chambres en construction en Afrique (30 737). La construction de nouveaux projets reste complexe, avec un taux de réalisation toujours très faible sur le continent, même si des améliorations sont visibles : les ouvertures d’hôtels par des opérateurs diversifiés ont été nombreuses en 2016. Alors que la situation hôtelière s’améliore dans la région, la prime de risque recherchée par les investisseurs est en baisse. La forte volatilité des devises pose problème aux investisseurs, car elle favorise l’inflation, la hausse des taux de prêts et l’incertitude dans la souscription des contrats.

Q : Vous basant sur votre expérience à la tête de JLL Hotels & Hospitality, quels sont les opportunités d’investissement en hôtellerie, aujourd’hui ? Présagent-t-elles un futur radieux ?
R
 : Parmi les marchés de l’investissement hôtelier en Afrique, nous privilégions les marchés de l’Afrique du Sud, de l’île Maurice et des grandes métropoles d’Afrique de l’Est. Du point de vue sectoriel, nous ciblons principalement les segments intermédiaires, économiques et celui des appartements meublés par rapport aux segments haut de gamme et luxe. Malgré le récent ralentissement en Afrique dû à la perte de vitesse du cycle des ressources, nous observons toujours une multiplication des investisseurs nouvellement intéressés par la région. Nombreux d’entre eux sont encore au stade de la découverte et cherchent à identifier les opportunités les plus rentables, tandis que d’autres, comme Minor International et Quantum Global, sont en pleine phase de transaction. Les capitaux privés locaux restent le principal élément porteur de l’investissement, ce qui devrait rester le cas dans un futur proche.

L’achèvement de nouveaux projets, la multiplication des transactions sur le marché libre et la création de nouvelles plateformes d’investissement entraîneront une maturation supplémentaire du secteur hôtelier africain à court terme. Les fondamentaux de la demande hôtelière à long terme restent solides et les niveaux faibles de l’offre actuelle devraient nourrir l’appétit des investisseurs. Malgré quelques obstacles à l’échelle régionale, l’évolution des investissements hôteliers en Afrique est toujours en bonne voie.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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