Entretien avec Dr Kpérkouma WALA, secrétaire général ADDI

« L’essentiel n’est pas d’aller à une nouvelle république »

Le parti politique Alliance des Togolais pour le développement intégral (ADDI) du Pr Aimé GOGUE a participé, tout comme plusieurs autres regroupements politiques de l’opposition, aux échanges sur les réformes politiques et institutionnelles, organisés par le Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) du 11 au 15 juillet à Lomé. Le secrétaire général de ladite formation politique, Dr Kpérkouma WALA, nous fait ici le point de ce qui s’est dit lors de cette rencontre et nous rappelle certaines des positions soutenues par son parti.

pa-lunion.com  : Quel a été l’essentiel des questions dont vous avez débattu au cours de cet atelier ?
Dr Kpérkouma WALA : Ces cinq jours de rencontre se sont focalisés sur les réformes politiques et institutionnelles qui sont les préoccupations majeures des acteurs politiques, de la société civile et de la population togolaise dans tout son ensemble. Les débats ont tourné autour du concept des réformes politiques et institutionnelles avec des expériences vécues au Ghana et au Maroc ; et de la vie politique togolaise vues sur les prismes juridique, historique, sociologique, philosophique, et vue aussi par la société civile et les religieux. Beaucoup de propositions ont été faites surtout concernant l’affirmation de l’identité togolaise, sur le contenu des réformes et leur mise en œuvre.

Certains acteurs ont évoqué le fait qu’il n’y avait pas de tabou sur les sujets. Êtes-vous du même avis ?
Nous pouvons dire que les débats ont été francs et conviviaux. Maintenant, ce qui reste à voir, c’est si toutes les propositions qui ont été faites dans le cadre de cet atelier feront l’objet de mise en œuvre.

Quelle a été la contribution de l’ADDI à ces échanges ?
Nous avons réitéré notre position quant à la nécessité de faire les réformes en deux temps. D’abord sur le court terme pour créer un apaisement dans le climat politique. Et elles concernent la limitation du mandat présidentiel, aux élections à deux tours, à la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et à la résolution de la question du fichier électoral. Il faudra après, dans le long terme, réfléchir aux autres réformes qui vont concerner les institutions comme la justice, l’armée, les autres forces de défense et de sécurité, la fonction publique, l’éducation et la formation citoyenne des togolais.

Une volonté de certains acteurs est d’aller vers une nouvelle constitution qui passerait par un référendum. Partagez-vous ce point de vue ?
Si nous voulons aller vers une nouvelle République, il faudra passer par une constituante et cela risque de prendre énormément de temps alors que les attentes du peuple sont tellement énormes qu’il faut créer un déclic qui puisse apaiser dans un premier temps le climat politique en attendant qu’on puisse réfléchir de façon plus posée soit à renforcer les dispositions de l’actuelle constitution parce que si c’était le changement de république qui était la solution, on ne serait pas là. L’essentiel n’est pas d’aller à une nouvelle république, mais que les acteurs s’accordent à respecter les dispositions réglementaires que nous lui donnons.

Le dialogue doit-il se poursuivre après cette rencontre ?
Nous, à ADDI, nous avons toujours été ouverts au dialogue. Un peuple ne peut se construire sans échanges entre les principaux acteurs. C’est fondamental et vu les expériences qui nous ont été partagées par les autres pays, le dialogue est un élément fondamental qui rapproche les entités et les acteurs. Mais ce qui doit permettre aux dialogues d’être fructueux, c’est la bonne foi et la sincérité qui se traduisent dans la mise en œuvre réelle des résolutions, recommandations et engagements pris lors de ces rencontres.

Quelle est la prochaine étape pour ADDI après cette rencontre ?
En même temps que nous sommes disposés à discuter avec les autres acteurs, nous restons dans une dynamique de mobilisation et de sensibilisation de la population pour que tout le monde puisse comprendre l’exigence des réformes dans notre pays.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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