Une réalité physiologique à savoir

L’érection chez la femme existe

L’érection féminine existe pourtant autant que l’érection masculine. Méconnue autant des femmes que des hommes, elle est un phénomène physiologique dans lequel le clitoris et le vestibule deviennent fermes et s’élargissent. Cette érection est le résultat d’une interaction complexe de facteurs endocrines, psychologiques, neurologiques et vasculaires.

L’érection est-elle l’apanage des seuls hommes ? Pas vraiment, le clitoris, clé de l’orgasme féminin, se dresse contre cette idée reçue ! Zoom sur ce petit organe féminin n’en finit pas de nous étonner avec le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue-psychomaticien. Découvrez avec lui ce phénomène encore méconnu, ses causes et les différences avec l’érection masculine.

Il faut reconnaître que l’érection du clitoris est un phénomène méconnu, l’érection du clitoris, comment ça marche ? Pas d’éjaculation mais une porte vers le multi-orgasme !

Organe du plaisir féminin, le clitoris suscite bien des émois… Situé à l’entrée du vagin entre les petites lèvres, le clitoris pourrait s’ériger comme un pénis, quand il est excité. Effectivement, quand on l’explore, on peut sentir une petite boule, qui lorsqu’elle est stimulée, peut se gonfler et parfois même durcir. Les femmes aussi ont des érections… du clitoris !

Erection du clitoris : un phénomène méconnu

Pour mieux comprendre le phénomène, quelques notions d’anatomie sont nécessaires. Le clitoris est constitué également d’un gland (à l’identique du pénis), qui lui donne cette jolie appellation de « bouton de rose », une partie visible située aux extrémités antérieures des petites lèvres. Il est extrêmement riche en corpuscules de Krause, les capteurs de sensations de plaisir, jusqu’à 2 à 3 fois plus que le gland du sexe de l’homme.

Sa taille varie en fonction des femmes, bien sûr. Il est composé également d’une « tige », une sorte de petit cylindre dans la prolongation du gland, qui remonte sur l’os du pubis et se divise en deux racines latérales, au bord du vagin. Le gland, comme la tige et l’entrée du vagin, sont très excitables.

L’érection du clitoris : comment ça marche ?

« Le mécanisme est identique à celui de l’homme. La différence réside essentiellement dans sa visibilité, bien sûr », affirme le Dr Sylvain Mimoun. Constitué d’un corps caverneux, ce joli bouton se « gorge » de sang dès qu’il est stimulé. Il grandit, gonfle et devient turgescent, comme un pénis miniature, en quelque sorte. Il entre en érection !
Les parois du vagin gonflent elles-aussi : elles contiennent des corps érectiles, qui reçoivent cette information par les racines du clitoris. L’autre différence avec les hommes est de l’ordre de la rigidité. « Si pour ces messieurs, il est souhaitable, voire nécessaire, que la turgescence poursuive son évolution jusqu’à une rigidité, ce n’est pas le cas pour la femme », ajoute un expert. Inutile pour elles d’atteindre ce seuil « rigide ». L’indice de plaisir ne va pas de pair avec la taille de ce bouton.
Les conditions nécessaires pour cette érection sont variées. Cela peut aller de l’évocation d’un fantasme, et toutes les stimulations directes, que ce soit les caresses manuelles, buccales ou les sex-toys…

Pas d’éjaculation mais une porte vers le multi-orgasme !

Si pour l’homme, l’éjaculation est un objectif qui va de pair avec l’érection, il en va tout autrement pour les femmes. « Hormis le cas des femmes fontaines, qui reste une exception, et un mystère à la fois », précise le Dr Sylvain Mimoun. Plus que l’éjaculation, c’est avant tout la quête d’orgasme, qui prime. « En consultation, nombreuses sont celles qui se plaignent de ne pas en avoir », confie un expert.
Or c’est bien autour de l’érection de ce clitoris que se cache une clé du plaisir à portée de main. La provoquer en solo, pour accéder à l’orgasme peut permettre ensuite pendant la pénétration de mieux maîtriser cette stimulation.
N’oublions pas que si l’éjaculation n’est pas la panacée du sexe féminin, ces dames bénéficient par ailleurs de son corollaire, à savoir l’accès au multi-orgasme. En effet, contrairement à ces messieurs qui ont besoin d’un temps de récupération entre deux rapports, elles peuvent multiplier les érections et se faire à nouveau « béliner le joyau » ou « gonfler la mouflette », selon leur bon plaisir. Le clitoris n’a pas fini de nous étonner !

Comment se produit l’érection du clitoris ?

Elles se produisent tout d’abord au niveau du clitoris. Quand l’excitation sexuelle apparaît, le clitoris entre en érection. Il grandit, gonfle et devient plus sensible, un peu comme un pénis en miniature. Il possède deux (2) corps caverneux, exactement comme le pénis. Lors de l’érection, comme il s’allonge, il peut atteindre un centimètre chez certaines femmes et beaucoup moins chez d’autres, selon la manière dont il est inséré dans le corps : il ressort plus ou moins. Et si vous croyez que le clitoris est vraiment minuscule, vous vous trompez, car ses racines à l’intérieur du corps font plus de dix (10) centimètres !

Les autres érections féminines

L’autre érection, moins visible, se produit à l’intérieur du vagin. Ses parois gonflent elles aussi, car elles contiennent des corps érectiles. En gonflant, n’étant pas étanches, ces parois laissent perler un liquide transparent, la lubrification vaginale qui est le signe visible de cette érection intérieure.
On peut encore parler du vestibule, zone formée par l’intérieur des petites lèvres. Ces petites lèvres, sensibles à l’excitation sexuelle, augmentent de volume pour prendre la forme d’un joli entonnoir rose, comme pour se préparer à guider le pénis vers l’ouverture du vagin.
Et la dernière érection qui existe à la fois chez l’homme et la femme, c’est celle des mamelons, très fréquente quand le désir monte haut, même si elle n’est pas systématique.

Le clitoris des femmes est l’équivalent anatomique du pénis des hommes. Peuvent-elles dès lors aussi avoir une érection et une éjaculation ?

Découverte de l’anatomie du clitoris...

Pour avoir une érection, il faut que les structures anatomiques qui la rendent possible soient présentes. Est-ce le cas du clitoris ?

Pour commencer, faisons un peu d’anatomie féminine. La partie visible du clitoris est le gland, un petit bouton rose, où se rejoignent les extrémités antérieures des petites lèvres. Contrairement au gland du pénis, celui du clitoris ne mesure que 3 à 8 mm de diamètre. Sa taille varie non pas avec l’âge, la taille ou le poids, mais elle augmente avec le nombre d’enfants qu’a eus la femme. La partie interne et invisible du clitoris, qui est aussi la plus grande, est le corps du clitoris. Il mesure 1 à 3 cm, se situe dans la prolongation du gland et se divise en deux racines latérales qui suivent les grandes lèvres. Comme le clitoris contient beaucoup de vaisseaux sanguins et de nerfs, il est très sensible au toucher.

Clitoris : comment se produit l’érection féminine ?
Si le mécanisme d’érection du clitoris est identique à celui du pénis, il n’est, par contre, pas aussi visible. Le corps du clitoris se compose des corps caverneux qui, tout comme dans le cas du pénis, se remplissent de sang à la suite d’une stimulation sexuelle. Ce gonflement des corps caverneux ferme les veines qui assurent en temps normal l’évacuation du sang. Ce qui se traduit par une érection du clitoris, gorgé de sang.

L’érection féminine est-elle aussi suivie d’une éjaculation ?

Une éjaculation du clitoris n’est pas possible. Les femmes n’ont pas d’équivalent de la prostate ni des vésicules séminales qui chez les hommes fournissent le sperme pour l’éjaculation. Le liquide que sécrètent les femmes lors de la stimulation sexuelle provient des glandes situées dans l’espace entre les petites lèvres (vestibule). Sachez aussi que chez les femmes, il n’y a pas que le clitoris qui est en érction lors de l’excitation sexuelle. Les glandes vestibulaires, les petites lèvres et le corps spongieux situé dans l’urètre gonflent également. Passionnant, n’est-ce pas ? Dommage que tout se produise en interne ! Mais, ce mode de fonctionnement n’est pas sans avantage : en effet, comme les femmes n’éjaculent pas, elles peuvent avoir des orgasmes multiples.

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