Jacques Djakouti, un héro

Vendredi 18 mars 2014, à la maison de la presse à Lomé, s’est tenue une formidable Assemblée générale (Ag) élective des patrons de presse. Il aurait fallu de peu pour que l’on en arrive à une crise devant conduire à un report de l’Ag. Mais c’était sans compter avec les différents stratèges en présence. En réalité, chacun savait les raisons pour lesquelles il était là. Les rumeurs de report qui avaient circulé la veille avaient attisé des tensions et on s’était retrouvé avec deux groupes de participants opposés sur le report de l’Ag. Et ce ne sont pas des arguments qui ont manqué aux différents participants.

A un certain moment, les esprits s’étaient échauffés, les mots n’avaient plus de limites, les accusations enfonçaient certains et les arguments déchargeaient d’autres. La partie était remuante, les débats houleux, les accusations directes ou indirectes, les démonstrations captivantes. 
La question de savoir si l’Ag devrait être reportée pour le quorum non atteint, la non-certification du rapport financier par le commissaire au compte ou encore pour absence des responsables des organes de l’intérieur était la goutte d’eau qui a débordé le vase. Des participants avaient quitté l’Ag

Dans ce mélimélo, le président sortant Jacques Djakouti était resté serein et avec beaucoup de tacts arrivait à calmer les gens et à poursuivre vaille que vaille les travaux. Même s’il a fini par craquer lui-même, il est pourtant revenu s’asseoir pour remettre les pendules à l’heure. Son geste hautement honorable de présenter ses excuses à l’assemblée et à son collègue qui l’a indexé a été fortement apprécié et aura été pour beaucoup dans l’avancement de l’Ag.

En avant ligne de son rapport moral, Jacques Djakouti a annoncé qu’il a eu vent d’innombrables accusations sur sa personne. Malheureusement, ces accusations avaient continué le jour de l’Ag, peut-être qu’il le savait. La plus grave est qu’il s’apprêterait avec ses amis des radios et télévisions à ressusciter l’Union des Radios et Télévisions Libres (URATEL) qui va sortir du Conapp et mettre le conseil en difficulté. Ç’en est trop !

Il faut connaître l’Homme pour l’apprécier à sa juste valeur. Jacques Djakouti, malgré tout ce dont il est traité aujourd’hui, a été un élément central de la cohésion du Conapp. Il a permis à cette organisation d’acquérir une grande notoriété et de sortir plusieurs journalistes de leurs difficultés. Sous lui, le Conapp est devenu une association à part entière. Pour ceux qui ne le savent pas, Jacques a été le plus sonné par le départ du Conseil Togolais des Editeurs de Presse Privée (CTEP) du Conapp. L’éventualité était qu’il aurait arrêté ce départ s’il avait su très tôt. Sa personnalité jouait beaucoup sur l’unicité d’action des journalistes. Au cours de l’Ag, il était prêt à se sacrifier au cas où les travaux seraient suspendus pour un report.

A ce titre, c’est impensable qu’il puisse, avec sa conscience de chrétien, se permettre de casser la dynamique que lui et ses collaborateurs ont mise en place. Jacques a beaucoup fait pour la presse togolaise. Ailleurs, il serait un héro national. Au lieu de le vilipender et de le traîner dans la bout, apprenons à l’imiter !

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