Rapport sur la situation des enfants dans le monde, édition 2016

Il y a péril en la demeure

Le Ministère de l’Economie, des finances et de la planification du développement et le Ministère de l’Action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), ont lancé le 12 décembre, à Lomé, le rapport sur la situation des enfants dans le monde, édition 2016.

La situation des enfants dans la monde préoccupe cette année encore l’UNICEF. L’organisation a dans ce sens sorti en juin dernier un rapport titré « Pour tous les enfants, l’égalité des chances », publié à Lomé ce 12 décembre. Le document ne rend pas reluisant ce que vivent les enfants partout dans le monde,se fondant sur des données probantes et sur l’expérience de l’UNICEF, pour faire ressortir l’ampleur et les effets des inégalités persistantes.

Un exemple : selon le rapport, « parmi les gens qui vivent avec moins de 1,90 dollar américain par jour dans le monde, près de la moitié sont des enfants. Leurs familles ont bien du mal à accéder aux soins de santé primaire et à la nutrition nécessaire pour leur donner un bon début dans la vie. Ces privations laissent des séquelles tenaces : en 2014, près de 160 millions d’enfants étaient rachitiques. »

Aussi, écrivent les auteurs « malgré les progrès en matière de scolarisation dans maintes régions du monde, le nombre d’enfants déscolarisés âgés de 6 à 11 ans a augmenté depuis 2011. Quelque 124 millions d’enfants et d’adolescents ne fréquentent pas l’école, et 2 enfants sur 5 quittent le primaire avant d’avoir appris à lire, à écrire et à compter, selon des données de 2013. Ce problème est décuplé par les conflits armés, qui se font de plus en plus longs. Près de 250 millions d’enfants vivent dans des pays ou des régions affectés par les conflits armés, et des millions d’autres subissent le pire des catastrophes climatiques et des crises chroniques »

Ce document de 184 pages étale ce que les progrès pour les enfants les plus défavorisés ne sont pas seulement une exigence morale mais aussi un impératif stratégique. L’UNICEF tire la sonnette d’alarme sur ce que ces inégalités risquent de compromettre le développement économique et social des pays surtout en Afrique subsaharienne. Car rappelle le rapport, si rien n’est fait d’ici 2030, « les enfants nés en Afrique subsaharienne seront 12 fois plus susceptibles que les enfants des pays riches de décéder avant leur cinquième anniversaire ; neuf enfants sur dix touchés par l’extrême pauvreté vivront en Afrique subsaharienne ; plus de 60 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ne seront pas scolarisés, soit environ le même chiffre qu’actuellement et plus de la moitié d’entre eux vivront en Afrique subsaharienne ; et environ 750 millions de femmes auront été mariées avant l’âge adulte, soit trois quarts d’un milliard de filles mariées. »

Pour mettre fin aux inégalités, l’UNICEF à la fin de son rapport propose l’enrichissement des informations concernant ceux qui sont laissés pour compte ; la coordination des efforts dans tous les secteurs afin de lutter contre les multiples privations qui empêchent de très nombreux enfants de progresser ; l’innovation pour accélérer les progrès et amener les changements nécessaires pour les familles et les enfants les plus exclus ; l’investissement dans l’équité et le fait de trouver de nouvelles façons de financer les efforts déployés pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Enfin, l’organisation propose d’encourager la participation de tous les acteurs, à commencer par les communautés elles-mêmes, ainsi que les entreprises, les organisations et les citoyens du monde entier convaincus de ce qu’ils peuvent changer les vies des enfants.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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