Le point de la campagne électorale à mi-chemin

Gilbert Bawara : « le gouvernement est satisfait, à ce stade, des conditions du déroulement de la campagne et du processus électoral »

Rapproché par notre équipe de couverture de la campagne présidentielle, le Ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Gilbert Bawara, a accepté volontiers faire avec nous le point à mi-parcours de l’organisation du scrutin présidentiel du 25 avril prochain.

Globalement, le ministre Bawara a affiché, à l’instar de tout le gouvernement, un sentiment de satisfaction sur l’ensemble du processus électoral. Quand bien même il n’est pas capable de pronostiquer sur le reste de la campagne électorale et le l’après scrutin, il exhorte cependant ces concitoyens à faire preuve de maturité et de bon sens politiques afin qu’« au lendemain de cette élection nous soyons en mesure de dire que nous avons su préserver la dynamique d’apaisement de la vie politique et le processus de réconciliation nationale. » Parcourons ensemble cette interview à mots mesurés de M. Bawara nommé justement à la tête de la cellule de veille de l’élection en cours.

L’Union  : En votre qualité de ministre de l’administration territoriale qui organise en collaboration avec la CENI la présidentielle du 25 avril quelles sont vos impressions après cette première semaine de campagne ?

Gilbert Bawara : Je voudrais préciser que ni le ministère de l’administration territoriale, ni le gouvernement n’a pour vocation d’organiser le scrutin de concert avec la CENI. Mais, c’est d’apporter un appui et un accompagnement à la CENI qui reste le maitre d’œuvre, le maitre d’ouvrage de l’ensemble du processus électoral.
A ce stade de la campagne je ne peux qu’exprimer ma satisfaction et celle du gouvernement concernant les conditions du déroulement de la campagne et du processus électoral.

D’abord, concernant le processus électoral, tout le monde a acquis aujourd’hui la conviction que nous avons un processus électoral qui est inclusif, participatif et consensuel. La CENI est composée des représentants de partis politiques : la majorité et l’opposition y sont représentées de façon paritaire ; l’opposition extraparlementaire et la société civile y sont représentées ; l’administration n’a qu’un rôle marginal avec un représentant sur les 17 membres ; les CELIs et les bureaux de vote sont composés à l’image de la CENI des représentants de toutes les tendances politiques.

Ensuite, le fonctionnement de la CENI est collégial et consensuel. Généralement la CENI n’a pas eu à voter pour prendre ses décisions. Donc, c’est également un gage du caractère inclusif, participatif et contradictoire du processus électoral.
Je voulais également signaler deux autres aspects qui contribuent à la fiabilité du processus électoral. Le déblocage des ressources publiques pour aider les candidats dans la campagne et à prendre en charge leurs délégués dans les bureaux de vote et avoir leurs yeux à tous les niveaux et stades du processus électoral.

Et enfin, l’adoption de la modalité de l’enrôlement biométrique. Lorsque les inquiétudes ont été exprimées à propos du fichier électoral, le gouvernement n’a pas hésité à faire appel à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui est venue avec des experts auxquels ont été associés les experts désignés par tous les candidats. Ils ont fait un travail et les résultats ont démontré que les allégations de certains acteurs et partis politiques n’ont aucun fondement ; qu’il n’y a pas 30% de doublons, qu’il n’y a pas 250.000 électeurs fictifs, qu’il n’y avait que quelques anomalies totalement marginales qui ne dépassent même pas 5.000 mais qui ne sont pas des doublons au sens propre du terme parce qu’il peut s’agir parfois d’anomalies d’ordre technique.

L’ensemble des questions sont gérées de cette manière en privilégiant la concertation et la recherche de solutions inclusives et concertées.

Ça veut dire que la campagne se déroule dans les conditions normales ?
Pas seulement dans les conditions normales. Je dirai tout simplement que le gouvernement, Faure GNASSINGBE en sa qualité de président de la République, la CENI, les acteurs politiques y compris les candidats eux-mêmes contribuent à créer les conditions et les garanties d’un processus électoral apaisé, d’une campagne électorale qui se déroule dans la sérénité et dans la quiétude. Il y a eu parfois de petites anicroches et mésententes entre les partisans de certains partis politiques mais, globalement, il n’y a pas eu d’incidents sérieux. Tout cela, il faut le mettre à l’actif particulièrement de la CENI et du travail qui est effectué, des garanties qui sont données pour renforcer et accroître la transparence et la crédibilité du processus électoral. Surtout les initiatives et les actions qui ont été engagées par le gouvernement pour s’assurer qu’à la fois chacun bénéficie d’une liberté totale de circulation. Les préfets, les autorités administratives et traditionnelles ont été formés et sensibilisés pour agir dans la neutralité, l’impartialité et ne pas poser d’actes qui pourraient entraver et compromettre la liberté d’activité et de circulation des candidats. Des initiatives ont été prises avec le concours du Système des Nations Unies qui a été sollicité par le gouvernement et la contribution financière de l’Allemagne pour qu’il y ait des formations civiques et l’implication des Organisations de la Société Civile.

Donc c’est l’ensemble de ces mesures là qui, contrairement à toutes les appréhensions qui sont généralement véhiculées par certains milieux médiatiques, le processus électoral se déroule dans de bonnes conditions de transparence, de quiétude et de crédibilité.

A vous entendre, on peut penser que la présidentielle du 25 avril prochain sera le meilleur scrutin jamais organisé au Togo ?

Il est encore trop tôt pour se prononcer de manière définitive. Le souhait et l’espoir du gouvernement c’est que cette élection doit contribuer à consolider définitivement les acquis obtenus pendant les scrutins de 2007, 2010 et 2013. Cette élection doit contribuer à perfectionner davantage les systèmes électoraux togolais et la finalité que nous devons poursuivre, non pas en tant qu’acteur politique, bien entendu, qu’il y ait des débats, la confrontation des idées au cours de la campagne. Mais, au-delà de l’enjeu de l’élection elle-même, nous devons savoir que cette élection présidentielle doit consacrer une plus grande maturité politique aussi bien de la classe politique togolaise que du peuple togolais. Et, au lendemain de cette élection nous devons être en mesure de dire que nous avons su préserver la dynamique d’apaisement de la vie politique et le processus de réconciliation nationale.
Notre pays ne peut pas se transformer en un foyer de tension, de conflit et d’agitation alors que la sous-région est déjà en butte à des turbulences au Nigéria et dans la Zone Sahélo-Sahélienne.

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