Fabre veut-il fréquenter les assassins ?

Le président national de l’Alliance nationale pour le changement, Anc, a écrit une lettre au Chef de l’Etat pour réclamer l’ouverture d’un dialogue sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Il s’agit là d’une démarche patriote de bon aloi. Car, quelle que soit l’issu d’un dialogue entre le régime en place et l’opposition, c’est le peuple togolais qui en sortira vainqueur. Mais, cet appel n’est-il pas plus politique que pragmatique ? "Il n’y a de désir qu’égoïste" dit-on.

"Personne ne m’amènera à courir aux élections sans dialogue. Mais ceux qui pensent qu’ils iront aux élections seuls, sans avoir réglé la question des réformes politiques se trompent. Ceux qui s’amusent à prétendre qu’on va faire les réformes après ces élections, mais ils ne sont pas sérieux. Il faut que leurs attitudes montrent qu’ils savent de quoi on parle." avait annoncé le chef de l’Anc avant les élections législatives de juillet 2013. Mais ces élections s’étaient déroulées sans les prétendues réformes. Et pourtant, il y a eu dialogue, un dialogue particulier.

Voici le même président de l’Anc, Jean-Pierre, qui revient après les législatives réclamer les réformes institutionnelles et institutionnelles. Je pense qu’il est sérieux lui et qu’il sait aujourd’hui de quoi il parle. Dans les rangs de l’opposition, l’on se plaît à lui rappeler ses propos, puisque, en son temps, il s’attaquait à ses compères opposants prêts à aller aux élections pour mener ces réformes à l’Assemblée nationale. Ces derniers avaient une bonne projection. D’autant plus que Faure Gnassingbé en répondant à Fabre a dit : "Le peuple togolais a aujourd’hui l’avantage de disposer d’une Assemblée nationale où les principaux courants politiques sont représentés. Elle offre ainsi le cadre le plus indiqué pour débattre utilement des réformes envisagées, conformément à l’esprit de l’Accord politique global."

Dans la même posture, le président de l’Anc est souvent rattrapé par ses propos populistes. " Moi, je ne fréquente pas les assassins, les violateurs des droits de l’homme. Je ne fréquente pas ses gens-là, c’est tout. Je dis, mon objectif, c’est de les chasser du pouvoir." criaillait-il. Sans situer l’opinion sur les moyens dont il disposait pour chasser les gens-là du pouvoir. Et aujourd’hui, avec qui va-t-il dialoguer ? Avec les assassins ou avec les violateurs des droits de l’Homme ? 

C’est tout ce qui rend perplexe tout observateur avisé de la vie politique au Togo sur cet appel au dialogue avec ses « attrapes » et « non-dits ».

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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