L’Anc lève le voile

Elections à l’Assemblée nationale : du saupoudrage ?

Suite à l’élection statutaire de cinq membres à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, Haac, l’Alliance nationale pour le changement, Anc, a dénoncé la violation flagrante des textes républicains par le groupe parlementaire Union pour la République, Unir.

Le parti de Jean-Pierre Fabre s’est insurgé contre la mise à l’écart de son candidat proposé. Pour ce parti d’opposition, UNIR a clairement violé « l’article huit (08) du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale et l’article 17 de la loi sur le statut de l’opposition qui imposent, dans un esprit républicain, que la composition des institutions et des organes de la République togolaise reflètent la diversité politique du pays et de l’Assemblée nationale. »

En effet, l’Anc estimant que le renouvellement de la HAAC devrait refléter la configuration de l’Assemblée nationale, conformément à la loi, a donné le nom de son candidat individuel soutenu par le groupe parlementaire Anc. Seulement, lors de l’ouverture de la séance plénière il a été donné la liste des 42 candidats dont les dossiers ont été validés par un ‘’comité technique’’ mis en place à l’insu de l’ANC. Et surtout le groupe Unir a soumis à son homologue de l’Anc une liste de cinq personnalités sur laquelle « le nom du candidat de l’ANC communiqué au Président de l’Assemblée nationale et confirmé au Président du Groupe UNIR n’y figurait pas. »

Ce fait a suscité le courroux de l’Anc qui, « pour éviter toute confusion, a quitté la salle de la plénière où le vote s’est poursuivi selon le bon vouloir du Groupe UNIR. », selon la déclaration liminaire de la conférence de presse organisée à cet effet.

Cette incidence amène à des questions sur la politisation de la vie publique, une pratique farouchement dénoncée par la classe politique et la société civile. Elle nous interpelle également sur la procédure d’élection à l’Assemblée nationale. C’est en son sein qu’une liste de 42 candidats a été retenue. Si tous les partis présents à l’Assemblée devraient faire passer automatiquement leurs candidats, pourquoi devrait-on lancer un appel à candidatures ? De cette façon, il suffirait de demander aux différents partis politiques parlementaires d’envoyer directement leurs membres à la Haac.

Aussi découvrons-nous que, pour les élections à l’Assemblée nationale, les candidats n’ont jamais les mêmes chances de réussite. Les partis politiques, toutes tendances confondues s’étant déjà partagés les postes. Dans ce cas précis les 37 candidats restant retenus avaient déjà échoué avant la compétition. Et le processus n’est finalement que du folklore.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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