Usage et négoce de drogues à Lomé

Comprendre les langues pour mieux servir

L’association Recherche Action Prévention Accompagnement des Addictions (RAPAA) a procédé, ce 03 novembre, à la restitution d’une enquête qu’elle a réalisée à Lomé entre 2024 et 2016 sur la terminologie employée pour désigner les drogues et leur usage à Lomé.

Le phénomène de la drogue prend de l’ampleur dans le monde. Selon le rapport mondial sur les drogues publié en 2014 par l’office des Nations Unies contre la Drogue et le crime (ONUDC),le nombre de décès liés à la drogue déclarés en 2012 atteindrait, selon les estimations, 183 000 (ou un chiffre situé entre 95 000 et 226 000), ce qui correspond à un taux de mortalité de 40,0 décès (entre 20,8 et 49,3) pour un million de personnes chez les 15-64 ans. Des données en baisse par rapport à celles de 2011, des décès n’étant pas signalés dans plusieurs pays dont ceux asiatiques. À l’échelle mondiale, on estime qu’en 2012, entre 162 millions et 324 millions de personnes, soit entre 3,5 % et 7,0 % de la population âgée de 15 à 64 ans, avaient consommé une drogue illicite.

Au Togo, plusieurs personnes sont victimes de cette menace.

Une approche apportée pour lutter contre le fléau est la prévention des dangers liés à la drogue et la prise en charge des victimes. Ceci nécessite une bonne connaissance des termes employés par les usagers de drogues pour des actions efficientes. Une difficulté qu’a prise en compte dans ses actions l’association RAPAA. Elle a piloté une étude sur la question et en a restitués les résultats ce 03 novembre à Lomé.

« Nous avons constaté au niveau de notre association que de plus en plus, les jeunes se donnent à la consommation des substances psychoactives qui détruisent leurs vies. Nous nous sommes dits que si vraiment nous voulons aider ces jeunes, il faut que nous comprenions leurs langages », a expliqué Mme Kama-Djonna, vice-présidente de RAPAA (image).

L’étude sur la terminologie a notamment pour objectifs d’analyser le phénomène de l’addiction à travers l’angle sociolinguistique par l’étude des procédés de langues, des particularités et variations ; de mieux cerner les termes utilisés dans les différents milieux de locuteurs et d’usagers pour nommer et caractériser les drogues et les pratiques afférentes ; et faire des recommandations quant à l’utilisation des termes et expressions sur les drogues afin de faciliter les activités de prévention et d’accompagnement.

Ont été ciblés par l’enquête des jeunes, des élèves, des artistes, des détenus et des revendeuses de boissons alcoolisées.

Plus de 220 termes ont été recensés et analysés. Les constats montrent la grande créativité des usagers de drogues dans les faits et variations de langues.Si certains termes Éwé sont anciens, la plupart sont de créations récentes. Certains termes sont universels, d’autres exclusifs aux usagers de drogue à Lomé. L’étude montre également que le vocabulaire sur la drogue est en expansion et évolue très vite, ce qui rend illimité dans le temps l’aboutissement de cette étude.

RAPAA, suite à ce travail, entend produire un lexique Ewé/Français/Anglais sur la terminologie collectée, glossaire qui pourra être utilisé par les praticiens et spécialistes ; et répliquer la méthodologie développée pour recueillir et analyser les terminologies dans d’autres langues parlées au Togo ou dans la sous-région.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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