Echanges intracommunautaires dans l’espace CEDEAO

Comment atteindre l’objectif 20/20 ?

La CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest) entend passer d’une union des États à celle des populations, promouvant une meilleure mobilité des populations. Pourtant même les textes faisant la promotion de cette union notamment le cadre normatif de la CEDEAO et le schéma de libéralisation des échanges sont méconnus des populations, pire des opérateurs économiques.

Les échanges intracommunautaires dans la zone CEDEAO sont très faibles. Ils varient entre 12 et 15%. Or, dans le même temps, dans certaines organisations régionales, l’essentiel des échanges s’opèrent au sein de la communauté : dans la zone ASEAN en Amérique du Nord, les échanges intracommunautaires sont de 65% et ils vont jusqu’à 70% dans l’Union européenne.

Pourtant le marché intracommunautaire est très grand, comptant plus de 300 millions d’habitants.

Comment arriver à passer de la CEDEAO des États à celle des peuples (objectif 20/20) sans une meilleure intégration entre les pays et surtout entre les populations ? Comment arriver à rendre plus efficientes les croissances des pays membres sans capitaliser au mieux les opportunités et rendre plus bénéfique le commerce intra-régional ?

En effet, le commerce intra-régional de la CEDEAO a une configuration atypique, laquelle est loin de répondre au schéma d’intégration que l’Institution souhaite construire. Ce commerce s’organise autour des pôles construits et développés par les populations des États membres. Le critère de constructions desdits pôles est principalement d’ordre géographique.

Sont conséquences de cette configuration et causes de la faiblesse des résultats de l’intégration régionale en Afrique de l’ouest l’absence d’articulation entre le secteur privé, les organes communautaires et les pouvoirs publics ; la méconnaissance, l’ignorance et la faible utilisation des instruments communautaires par les opérateurs privés économiques ; la fragmentation de l’information commerciale, des textes de la CEDEAO ; le manque de formation des dirigeants d’entreprises, des industriels et organisations professionnelles sur les politiques de la CEDEAO, le schéma de libéralisation des échanges et le tarif extérieur commun ; et la faible application des textes de la CEDEAO dans les États membres.*

Pourtant les deux piliers essentiels de l’intégration dans la CEDEAO sont la libre circulation des marchandises dont l’origine communautaire est établie et la libre circulation des citoyens de la Communauté entre les États membres.
Avec son objectif de « Passer de la CEDEAO des États à celle des peuples » (Objectif 20/20), la Communauté devrait familiariser ses textes et outils avec les populations pour une meilleure efficience de sa politique.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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