Sur un coût global de 1 milliard

Bolloré va construire la Blue Zone de Hanoukopé

Suite aux succès enregistrés par la Bluezone de Cacaveli, à la sortie nord de Lomé, c’est au tour du quartier Hanoukopé, en plein centre de la capitale, d’accueillir cette structure multifonctionnelle. Entre autres finalités, indiquait un communiqué de presse du conseil des ministres du 3 février 2016, l’objectif est de faciliter aux jeunes et aux populations de Lomé en général et du quartier de Hanoukopé en particulier, l’accès à un cadre de vie, d’échanges et de production fonctionnelle ; d’appuyer la politique d’insertion professionnelle des jeunes ; de former les jeunes aux techniques agricoles et de doter la ville des infrastructures socio-collectives afin d’accompagner les talents et les activités initiées par les jeunes. L’initiative devra s’étendre à d’autres localités du pays, explique-t-on du côté du gouvernement.
A ce jour, pour ce qui est de Hanoukopé, toutes les études nécessaires à la réalisation du projet sont terminées, assure-t-on officiellement. Le projet est prêt à démarrer sur financement apporté par le groupe Bolloré. Mais la mise en place de la Bluezone de Hanoukopé requiert une contribution nationale en nature, essentiellement sous la forme de la mise à disposition du site. En outre, les coûts de réalisation de la construction et de la mise en place d’équipements par le groupe Bolloré sont évalués à 900 millions de francs Cfa. La durée de réalisation du projet est estimée à six mois.
Le quartier de Hanoukopé est l’un des sites identifiés pour accueillir une Bluezone en raison des défis et des opportunités qu’il présente. Sur le plan démographique, le quartier regorge de jeunes qui représentent plus de la moitié (55%) de sa population estimée à trois mille quatre cent soixante dix neuf (3 479) habitants en 2010, selon le Quatrième Recensement général de la population et d’habitat (RGPH4). Situé en plein centre urbain, Hanoukopé est un quartier caractérisé par une activité commerciale estimée « intense » par le gouvernement. Sa situation géographique et son marché représentent un atout économique important qui mérité d’être pleinement exploité par sa population et particulièrement par les jeunes.
« L’existence d’espaces libres dans le quartier et la proximité de la lagune conjugués au potentiel humain des jeunes et des populations à la base représentent un atout d’avantages pour initier et développer des activités à la fois économiques et écologiques tels que le maraichage urbain agro-écologique », souligne le ministère du Développement à la base. Du côté du ministère de la Sécurité et de la protection civile, « canaliser les jeunes vers leur épanouissement intégral pour l’essor économique des populations de Hanoukopé et de la ville de Lomé s’impose comme une nécessité dans ce quartier devenu un terreau pour les activités illicites. Cette situation est bien illustrée par la multiplication des agressions le long de la voie ferrée dans le quartier, des agressions qui représentent un risque important pour les populations et pour la conduite des activités économiques dans la zone ». A tout cela vient se greffer l’insalubrité résultant de l’encombrement des canalisations d’assainissement par des déchets et accroissant l’ampleur et l’impact des inondations en périodes de pluies.
C’est devant ce cocktail détonnant que le ministère de la Sécurité a été « hautement » instruit d’approcher le groupe Bolloré pour la mise en place d’une Bluezone à Hanoukopé, à l’instar de celle de Cacaveli. Avec le même financier.
Parmi les objectifs proposés par ce projet, l’accompagnement des jeunes dans leur insertion professionnelles grâce à la construction, l’équipement et l’opérationnalisation d’un centre de formation centré autour des métiers de couture, menuiserie, coiffure, maçonnerie, cordonnerie ; la création d’une classe agropastorale pour former des jeunes déscolarisés et désœuvrés en techniques innovantes d’agriculture urbaine et périurbaines durables afin de soutenir l’entrepreneuriat agricole ; doter le quartier d’infrastructures socio-collectives de bases afin de donner la possibilité aux jeunes et aux populations de développer leurs talents et d’initier des activités porteuses et innovantes sur les plans économique, social et environnemental. De manière spécifique, ce projet constitue une réponse concrète et pragmatique aux défis majeurs de Hanoukopé, affirme le gouvernement.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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