Enquête sur les accidents de la circulation

Avenue de la Victoire, « le mouroir de Cassablanca »

En 2015, les services de police et de gendarmerie ont enregistré sur les routes 2.851 cas d’accidents dont 473 morts, soit 39 morts par mois et 3.871 blessés, soit 322 blessés par mois. Néanmoins, l’année 2015 a été moins meurtrière que les cinq (5) dernières années. Il est aussi prouvé que la cause principale des accidents au Togo n’est plus l’Etat de la route mais l’œuvre de l’homme. C’est du moins ce qui ressort de la petite enquête menée par notre rédaction sur une des bretelle de Lomé, la capitale togolaise.

A Lomé cette année et depuis quelques mois, une route attire particulièrement l’attention, c’est l’avenue de la Victoire, un tronçon très emprunté qui lie le quartier Atikoumé au quartier Tokoin. Entre l’hôtel Merlot et la station d’essence MRS, il ne passe aucun jour où il n’y a pas d’accidents dont des plus graves et souvent avec mort d’homme.

Le site d’information pa-lunion.com s’est intéressé aux causes de ces accidents journaliers qui, selon les riverains, ne diminuent pas. Pourquoi cette partie de la route est-elle devenue un tombeau ouvert qui engloutit les usagers de la route ?

Les riverains de l’avenue de la Victoire racontent ce qu’ils voient au jour le jour :

Selon Enyonam Zolodzé, une coiffeuse dont l’atelier est localisé à proximité de ce que les riverains ont abusivement dénommé « le mouroir de Cassablanca », les accidents ont lieu tous les jours. Et de dire que «  les gens ne veulent pas prendre conscience de la situation et se laissent tuer pour rien à cause du manque d’un peu d’attention sur la route  ».

« Je crois que ces accidents sont surtout dus à l’impatience des usagers de cette maudite route », a-t-elle expliqué après un soupir tout en ajoutant que l’absence de lampadaires sur cette voie retapée en a aussi sa part dans les nombreux accidents journaliers.

« La route est sombre la nuit. Il faut aussi que les feux tricolores reprennent fonction sur la route pour voir si ce sera une solution pour pouvoir éradiquer ou enrayer ces cas d’accident sur cette route. De Todman jusqu’au Collège protestant, il n’y a pas de feux tricolores  », a relevé la riveraine.

Pour Kotcha Baragbo, un tapissier riverain de cette avenue, des briques sont déposées au milieu de la voie et il n’y a pas de dos d’âne pour amener les conducteurs à ralentir avant d’arriver à ce niveau. Conséquence, les accidents sont nombreux.

«  Il n’y a pas de dos d’âne et les usagers vont à vive allure, beaucoup d’entre eux surtout. Par exemple, ils ont eu à mettre des briques au milieu de la route, une voiture a tamponné à cet endroit un motocycliste contre les briques. Le moment d’appeler les sapeurs-pompiers, la victime a quitté le monde des vivants. Il y a un également qui s’était passé le jour suivant. Il y avait un homme et une femme qui se sont lamentablement cognés et ce sont les briques qui sont au milieu de la route qui causent tous ces accidents  », a-t-il dénoncé tout en reconnaissant que : « les usagers de cette route filent trop ».

« Les accidents se passent tous les jours et on ne sait ce qui en est la cause. Les matins, les midis même les soirs, il y a des accidents qui se passent. Surtout le carrefour de MRS, les accidents se passent beaucoup à cet endroit. Il y a à peu près deux à trois semaines, on nous a bloqué la voie. La route barrée de mardi à vendredi, les accidents qui se sont passés, je n’ai pas les mots pour le dire. C’est vraiment déplorable. Et les accidents sont toujours graves du fait de l’allure à laquelle vont les usagers  », a poursuivi Komla Abotsi, un agent de sécurité.

Pour certains riverains, il est nécessaire que des rituels soient faits sur cette voie, une fois que les travaux seront terminés.

Après plusieurs tentatives rejetées, les agents de SOGEA SATOM, la société de travaux publics attributaire de cette commande publique, ont accepté de donner leur avis sur la question.

Le non-respect du code de la route, principale cause des accidents sur l’avenue de la Victoire.

Pour Alfred Galévo, depuis deux (2) ou trois (3) semaines, les accidents ont augmenté faute du respect de la vitesse exigée en milieu urbain.

« Les usagers ne respectent pas les panneaux. Les gens ne veulent pas conduire doucement, ils filent trop mais on ne sait pas là où ils vont. Au bout du monde dans le cadre d’une course dotée de prix, nul ne saurait le dire  », a-t-il lancé tout en ajoutant : «  SOGEA SATOM a placé un radar pour la limitation de vitesse et si c’est en rouge, l’usager doit savoir qu’il dépasse les 40 km/heure requis  ».

« Ce matin, au carrefour, on n’était ici et il y a eu un accident mais je ne sais pas comment l’expliquer », a-t-til ajouté.

Allant dans le même sens que son prédécesseur, Manzama-Esso Panassa, Assistante hygiène, sécurité et environnement à SOGEA SATOM, a d’abord rappelé à l’endroit des usagers de la route en général que la route parle. « Ce n’est pas pour les animaux qu’on a mis les panneaux mais c’est pour nous les humains qui sommes des usagers de la route », a-t-elle soutenu.

« Il y a beaucoup qui ne lisent pas les panneaux et d’autres qui les lisent mais ne les respectent pas. Il y a aussi l’excès de vitesse. Les gens roulent parce que c’est une route en trois (3) voies donc on se permet de rouler comme on veut. Je pense que c’est ce qui cause pas mal d’accidents sur la voie. Nous voulons que les usagers arrivent à lire les panneaux qui sont affichés pour pouvoir diminuer ces accidents de route  », a-t-elle indiqué pour justifier les nombreux accidents de cette avenue.

Globalement, ces accidents de la route parfois fatales, causés par l’Homme lui-même, interpellent tout un chacun de nous. Hier, la route était impraticable, tout le monde se lamentait. Aujourd’hui, elle a été faite avec des panneaux un peu partout. Du coup, il suffit d’un peu d’attention pour éviter ces perdes en vies humaines. L’Etat doit continuer ses efforts pour proposer des approches de solution.

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