A l’issue de l’atelier du HCRRUN à Kpalimé

A chacun son rôle

Le Haut commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) s’apprête à boucler à Kpalimé les quatre jours de travaux de validation de son plan stratégique. On parle d’intenses réflexions et échanges pour améliorer la feuille de route devant permettre au Haut commissariat de mettre en œuvre les recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR). L’adoption de ce plan stratégique pour la période 2016-2018 et d’un programme d’actions prioritaires pour 2016 devra permettre au HCRRUN d’améliorer ses prestations, relever les défis majeurs liés à son mandat afin d’être une institution apte à contribuer efficacement à la consolidation de la réconciliation, de la démocratie et de la promotion de la bonne gouvernance. L’ouverture des travaux a été faite par le ministre de la Justice, Pius Agbetomey, en présence des membres du HCRRUN, du Représentant résident par intérim du Programme des Nations Unies pour le développement, des membres du corps diplomatique, des représentants d’institutions de la République et des différents départements ministériels, de la société civile, des média et diverses autres personnalités tant militaires, religieuses et traditionnelles.
« L’engagement du gouvernement de mettre en œuvre les recommandations de la CVJR n’est plus à démontrer », a déclaré le ministre Agbetomey. Tout en remerciant le PNUD pour « ses appuis multiples et multiformes » dans la quête d’union et de réconciliation nationale au Togo. Il a réitéré la détermination du gouvernement de « tout mettre en œuvre pour permettre au HCRRUN de remplir efficacement le mandat que le Chef de l’Etat lui a confié ». Le Représentant résident adjoint du PNUD s’est, lui, réjoui de la tenue desdits travaux. « Cet atelier augure de bonnes perspectives et nous rassure que le processus inclusif dans lequel le pays s’est engagé est bien lancé malgré les écueils et difficultés inhérents à tout processus », a déclaré Siaka Coulibaly. Tout en réitérant l’engagement du PNUD à soutenir les efforts du Gouvernement en matière de réconciliation et de renforcement de l’unité nationale en vue de l’émergence d’un Etat paisible, socle du développement socio-économique du Togo.
Mme Awa Nana Daboya, la présidente du HCRRUN, a estimé que « l’exécution d’une mission comme celle confiée au HCRRUN ne saurait être entamée sans un travail conceptuel en amont qui sert de guide/programme en même temps qu’il situe clairement chaque acteur dans son rôle ». Elle a ajouté que les participants aux travaux sont appelés à « se prononcer sur les activités prévues dans le cadre de l’exécution du programme de réparation, notamment en ses volets matériels et immatériels, en ayant soin de poser les actions qui préparent les conditions favorables à la mise en route des réformes politiques, institutionnelles et constitutionnelles telles qu’inscrites dans le cahier des charges du HCRRUN ».
Un véritable chantier, selon les mots de la présidente du HCRRUN. Il faut donc poser des pas assurés, vu la complexité, empreinte de sensibilité, des problèmes qui doivent être résolus. C’est la deuxième démarche importante menée par le Haut commissariat, après l’étape de Notsè. Courant juillet 2015, le HCRRUN y avait réuni un échantillon d’acteurs nationaux autour de la problématique des réparations dans le processus de justice transitionnelle. Aussi lui avait-on demandé « d’offrir aux victimes n’ayant pas fait de dépositions lors des travaux de la CVJR la possibilité d’introduire leurs requêtes le moment venu ». 13 appels ont été édictés à Notsè dont, entre autres, l’appel patriotique lancé à tous les acteurs afin que chacun joue effectivement et pleinement sa partition dans le cadre du processus de réconciliation en cours ; la demande faite au chef de l’Etat de continuer de jouer le rôle de garant moral et institutionnel de la mise en œuvre du programme de réparations et plus largement de l’ensemble des recommandations de la CVJR, en usant de son statut et de ses prérogatives pour aider constamment à la résolution des difficultés que pourrait rencontrer le HCRRUN ; l’invitation au gouvernement à prendre des mesures idoines qui participent à l’opérationnalisation du HCRRUN et à assurer une plus grande implication de tous les départements ministériels sur les dossiers relatifs aux recommandations de la CVJR en général et au volet des réparations en particulier, dans l’optique d’une refondation sociale porteuse de démocratie et de paix ; l’exhortation aux députés à l’Assemblée nationale à voter avec diligence les projets de lois soumis à leur examen au titre du programme de réparations ; l’interpellation des dirigeants de tous les partis politiques sans exception et leurs militants à un sursaut national, en vue d’accompagner le HCRRUN dans la réalisation du programme de réparations, considéré à juste titre par les victimes et l’ensemble des populations comme prioritaire. Sans oublier les appels à toutes les organisations de la société civile à jouer pleinement leur rôle de sentinelle et de sensibilisateur des populations, aux forces de défense et de sécurité, aux chefs traditionnels, leaders d’opinions et cadres nationaux, aux confessions religieuses, aux Togolais de la diaspora. Justement, les documents à valider à Kpalimé diront exactement qui fera quoi, quand et à quel coût financier.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

Du même auteur

Soutenir par un don